2,00/ 5Note globale

  • Valeur cinématographique2,00
  • Glauque5,00
  • Violent4,75
  • Dérangeant5,00
  • Gore4,75
  • Nudité5,00

La note globale juge la valeur cinématographique de l'oeuvre. Les autres notes mesurent l'intensité, pas la qualité.

Nos notes

  • Globale 2,00. Un objet de curiosité plus qu’un film. Le soin porté aux prothèses ne compense ni l’absence de mise en scène, ni celle d’un propos que la fiche pourrait défendre.
  • Glauque 5,00. Studio étriqué, néons blafards, vidéo baveuse. Tout, du décor à la texture de l’image, évoque un enregistrement qu’on n’aurait pas dû trouver.
  • Violent 4,75. Violence sans interruption sur toute la seconde moitié, appliquée à une victime immobilisée. Aucune montée, aucune issue.
  • Dérangeant 5,00. Le film mêle actes sexuels non simulés et démembrement dans une même continuité de plan. C’est ce mélange, plus que le contenu de chaque scène, qui met mal à l’aise.
  • Gore 4,75. Effets bricolés mais d’une précision anatomique surprenante pour ce niveau de production. Le seul vrai savoir-faire à l’œuvre.
  • Nudité 5,00. Permanente et explicite du début à la fin, dans un dispositif conçu pour l’avilissement.

Vidéos

Tumbling Doll of Flesh - Official Trailer | Massacre Video

Le film

  • Titre originalRyōki erochika: Niku daruma (肉だるま)
  • Titres alternatifsTumbling Doll of Flesh, Judge for Yourself, Psycho: The Snuff Files, Psycho: The Snuff Reels
  • Année1998 Années 90
  • Durée72 min
  • PaysJapon
  • LangueJaponais
  • RéalisateurTamakichi Anaru, pseudonyme construit comme un jeu de mots grivois, usage courant dans l’industrie de la vidéo pour adultes japonaise
  • ScénarioTamakichi Anaru
  • ActeursKanako Ooba (Kana), Kikurin (Kiku), Yuuji Kitano, ainsi que le réalisateur lui-même
  • TechniqueMontage de High Mega Pinoko, musique de Barom One. Toute l’équipe est créditée sous pseudonyme
  • StudioPsycho, distribué par Aroma Kikaku
  • FormatVidéo Direct to video
  • SagaAucune. Le film s’inscrit dans la vague des vidéos japonaises mêlant érotisme et splatter, dont la série Guinea Pig reste l’antécédent
  • Sous-genresFaux snuff Splatter Extrême / Underground Gore
  • ClassificationProduit pour le marché de la vidéo pour adultes japonaise, sans passage par une commission de classification. Il a longtemps circulé en Occident sous forme de copies pirates, avant des éditions vidéo américaines par un éditeur spécialisé, sous des titres alternatifs. Le mélange de pornographie non simulée et de démembrement le place sous le coup des législations sur l’obscénité dans plusieurs pays européens et nord-américains.
  • DisponibilitéÉditions vidéo américaines confidentielles, souvent sous d’autres titres. Nobuo ne référence aucun lien de visionnage.

Contenu extrêmeLe film associe des actes sexuels non simulés à des séquences de viol, de torture et de démembrement. Les sévices sont fabriqués au maquillage, mais la continuité entre les deux registres est le principe même du film.

Un couple est engagé pour tourner une vidéo pornographique amateur. Le tournage dérape, la comédienne veut partir, et l’équipe l’en empêche. Soixante-douze minutes plus tard, il ne reste rien d’elle. Le film est bâti sur une seule idée, la continuité entre les deux registres, et n’en a aucune autre.

Contexte et genèse du projet

Le Japon des années 90 traverse une récession, et son industrie de la vidéo pour adultes, très prolifique et faiblement régulée, voit ses ventes s’effriter. Les studios réagissent en multipliant les niches de plus en plus dures, dans l’espoir de retenir un public qui se disperse. C’est dans cette économie que naît Niku daruma, produit par la structure Psycho et distribué par Aroma Kikaku, avec une équipe entièrement créditée sous pseudonymes, à commencer par un réalisateur dont le nom de scène est un jeu de mots grivois. Le film n’est donc pas une curiosité isolée : c’est un produit de catalogue, conçu pour un segment de marché précis, et c’est ce qui le distingue des autres titres extrêmes de ce catalogue, qui relèvent presque tous d’une démarche d’auteur, aussi contestable soit-elle.

Mise en scène et esthétique

Le dispositif repose sur deux caméras, l’une fixe, l’autre portée par les personnages, ce qui reproduit exactement la fabrication d’une vidéo amateur. Image vidéo saturée, néons blafards, décor réduit à une pièce, aucun montage narratif. La première moitié est un tournage pornographique ordinaire qui durcit progressivement ; la seconde bascule dans le démembrement sans que la caméra ne change de régime, et c’est là toute la trouvaille du film : rien ne signale au spectateur qu’on a franchi une frontière. Les effets de maquillage, bricolés avec presque rien, sont d’une précision anatomique nettement supérieure à ce que le reste de la production laisse attendre. C’est le seul poste où quelqu’un a réellement travaillé.

Censure et réception

Contrairement à sa réputation, le film n’est pas introuvable par des voies légales. Il a effectivement circulé pendant des années en copies pirates, mais un éditeur américain spécialisé dans le cinéma extrême l’a repris en vidéo, sous plusieurs titres alternatifs, avec un argumentaire commercial qui le présente comme l’arrivée du snuff au Japon. C’est du marketing, et de la même famille que les quarante pays d’interdiction de Faces of Death : rien dans ce film n’est réel du côté de la violence. La réception, elle, est nettement moins impressionnée que sa légende ne le laisse croire. Beaucoup de spectateurs venus par la réputation en ressortent en constatant qu’il s’agit d’une vidéo pornographique additionnée de faux sang, sans la force de frappe de la série Guinea Pig.

Thématiques et lecture sociologique

Il serait malhonnête de prêter à cette production une intention critique qu’elle ne revendique nulle part. Reste que son sujet, littéralement, est une actrice qui veut cesser de tourner et qu’on en empêche : le film met en scène sa propre industrie, la caméra qui ne s’arrête pas, le consentement qui se retire sans effet, le corps traité comme un consommable jusqu’à épuisement. Cette lecture existe, elle est disponible pour qui veut la faire, mais elle n’est pas construite : le film l’expose sans jamais la travailler, et il occupe exactement la place qu’il dénoncerait s’il en avait l’intention. C’est la limite de l’exercice, et elle explique la note globale.

Héritage et influence

Sa postérité tient presque entièrement à sa rareté supposée. Il figure dans toutes les listes de films les plus extrêmes d’Asie, souvent cité par des gens qui ne l’ont pas vu, et sert de graal aux collectionneurs de curiosités interdites. Son influence réelle sur le cinéma est faible : il n’a inspiré aucune école et n’a rien inventé que Guinea Pig n’ait tenté treize ans plus tôt avec davantage de moyens. Il reste un document utile sur un point : ce que produit une industrie de niche quand la concurrence la pousse à surenchérir sans qu’aucune régulation ne l’arrête.

Verdict

  • À voir siVous documentez l’histoire du splatter japonais et voulez vérifier par vous-même l’écart entre la réputation et l’objet.
  • À éviter siVous cherchez un film. Il n’y a ici ni mise en scène, ni récit.

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Questions fréquentes

Est-ce un vrai snuff movie ?

Non. Les sévices sont entièrement fabriqués au maquillage. Les actes sexuels, eux, ne sont pas simulés, ce qui est la norme du marché pour lequel le film a été produit. L’argumentaire commercial de certaines éditions vidéo, qui présente le film comme l’arrivée du snuff au Japon, relève de la publicité.

Le film est-il introuvable ?

Plus vraiment. Il a longtemps circulé uniquement en copies pirates, mais un éditeur américain spécialisé l’a repris en vidéo sous plusieurs titres alternatifs, notamment Judge for Yourself. Sa réputation d’objet inaccessible date d’avant ces éditions.

De quoi parle réellement le film ?

D’un couple engagé pour tourner une vidéo pornographique amateur, et non d’un enlèvement. C’est le tournage lui-même qui dégénère lorsque la comédienne veut arrêter. Cette nuance compte : le film est un huis clos de plateau, pas un récit de kidnapping.

Pourquoi toute l'équipe est-elle sous pseudonyme ?

C’est l’usage dans l’industrie japonaise de la vidéo pour adultes, où les noms de scène sont fréquemment des jeux de mots. Cela complique en revanche tout travail de documentation : on ne sait presque rien des personnes réellement impliquées.

Pourquoi une note globale si basse ?

Parce que Nobuo note la qualité du film indépendamment de sa dureté. Les notes de caractère sont au maximum, mais il n’y a ici ni mise en scène, ni construction, ni intention identifiable au-delà du produit de catalogue. Le seul savoir-faire réel concerne les prothèses.

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