3,50/ 5Note globale

  • Valeur cinématographique3,50
  • Glauque4,50
  • Violent4,50
  • Dérangeant4,75
  • Gore3,50
  • Nudité4,50

La note globale juge la valeur cinématographique de l'oeuvre. Les autres notes mesurent l'intensité, pas la qualité.

Nos notes

  • Globale 3,50. Un film techniquement pauvre, mal joué par endroits, mais dont le dispositif produit un effet que quarante-cinq ans de débats n’ont pas épuisé. L’absence totale de musique en fait presque tout le prix.
  • Glauque 4,50. Rivière, cabane, chaleur d’été. Le décor est riant, ce qui rend la sécheresse du son et l’absence de partition d’autant plus étouffantes.
  • Violent 4,50. Une agression de vingt-cinq minutes en trois temps, puis une riposte méthodique. Aucune des deux moitiés n’est filmée pour divertir.
  • Dérangeant 4,75. Le film ne coupe pas, ne commente pas, ne console pas. Il laisse le spectateur seul avec la durée, ce qui reste sa décision la plus radicale.
  • Gore 3,50. Peu de sang jusqu’au dernier tiers, où deux séquences de vengeance restent difficiles à soutenir.
  • Nudité 4,50. Massive et intégralement liée à la contrainte. Les quatre comédiens masculins ont demandé à apparaître nus eux aussi, par solidarité avec leur partenaire.

Vidéos

I Spit On Your Grave (2010) - Official Trailer [HD]
I Spit On Your Grave Trailer
I SPIT ON YOUR GRAVE (2010) -- HD Teaser Trailer

Le film

  • Titre originalDay of the Woman, rebaptisé I Spit on Your Grave lors de la ressortie de 1980
  • Titres alternatifsLe Jour de la femme, I Spit on Your Grave
  • Année1978 Années 70
  • Durée102 min
  • PaysÉtats-Unis
  • LangueAnglais
  • RéalisateurMeir Zarchi, monteur de formation, premier long métrage
  • ScénarioMeir Zarchi, également monteur du film
  • ActeursCamille Keaton (Jennifer Hills), Eron Tabor (Johnny), Richard Pace (Matthew), Anthony Nichols (Stanley), Gunter Kleemann (Andy)
  • TechniqueImage de Yuri Haviv. Aucune musique : le film ne comporte pas la moindre partition, seuls quelques sons diégétiques ponctuent l’action
  • StudioCinemagic Pictures, ressortie par The Jerry Gross Organization
  • BudgetEnviron 80 000 dollars. Sorti sans campagne publicitaire sous son titre d’origine, il passe inaperçu avant d’être racheté et remis sur le marché en 1980 comme produit d’exploitation
  • FormatVideo nasty Exploitation
  • SagaRemake en 2010, suivi de deux suites en 2013 et 2015. Meir Zarchi a lui-même tourné une suite directe, Déjà Vu, en 2019, avec le retour de Camille Keaton
  • Sous-genresRape and revenge Horreur rurale Extrême / Underground Exploitation
  • ClassificationClassé R aux États-Unis après quelques coupes. Jamais soumis à la censure britannique pour une exploitation en salle, il devient dans les années 80 l’un des video nasties les plus poursuivis au titre de la loi sur les publications obscènes. La BBFC n’accorde un visa qu’en novembre 2001, au prix de sept minutes retirées des trois séquences d’agression ; une version alternative de 2003 est encore amputée de 41 secondes ; en 2010, une nouvelle soumission reste coupée de 2 minutes 54, coupes encore confirmées en 2020. Le film n’a jamais été autorisé en version intégrale au Royaume-Uni. Interdit en Irlande, en Norvège, en Islande, en Allemagne de l’Ouest et en Australie.
  • DisponibilitéÉditions vidéo intégrales hors Royaume-Uni. Nobuo ne référence aucun lien de visionnage.

Contenu extrêmeLe film repose sur une agression sexuelle collective filmée sans ellipse pendant environ vingt-cinq minutes, suivie de séquences de vengeance très crues. Tout est simulé, mais rien n’est atténué.

Une romancière new-yorkaise loue une maison au bord d’une rivière pour écrire. Quatre hommes du coin la traquent, l’agressent et la laissent pour morte. Elle survit. Meir Zarchi filme les deux moitiés de cette histoire avec la même absence totale de musique, et c’est ce silence qui a rendu le film insupportable à la moitié de la planète.

Contexte et genèse du projet

En 1974, Meir Zarchi, monteur installé à New York, porte secours avec sa fille à une jeune femme qui vient d’être violée dans un parc. Il la conduit au commissariat, où la procédure et les formulaires passent avant ses blessures, puis à l’hôpital. Il écrira son scénario comme une réponse à cette expérience. Le film est tourné dans le Connecticut pour environ 80 000 dollars, avec Camille Keaton, petite-nièce de Buster Keaton, qui épousera Zarchi peu après. Sous son titre d’origine, Day of the Woman, il sort en 1978 en autodistribution, sans publicité, et passe presque inaperçu, malgré un prix d’interprétation féminine décroché par Keaton au festival de Sitges. En 1980, un distributeur de cinéma d’exploitation le rachète, le rebaptise et le vend sur son seul potentiel de scandale. C’est cette opération commerciale, plus que le film lui-même, qui a déterminé sa réputation.

Mise en scène et esthétique

Le fait technique décisif du film est souvent mal rapporté : il n’y a aucune musique, nulle part, pas seulement pendant l’agression. Zarchi supprime tout signal dramatique, ce qui prive le spectateur des repères habituels lui indiquant quand s’inquiéter, quand souffler, quand se réjouir. Il ne reste que le son direct, la rivière, les insectes, la respiration. La séquence d’agression, environ vingt-cinq minutes en trois temps, est filmée en plans longs et fixes, sans aucun montage qui permettrait de s’échapper. La seconde moitié, celle de la riposte, conserve exactement le même traitement : pas de triomphe, pas d’accélération, pas de musique de vengeance. Le reste est techniquement pauvre, le jeu inégal, le son parfois défaillant, et le film n’en tire pas moins un effet que peu de productions autrement plus soignées atteignent.

Censure et réception

La carrière du film au Royaume-Uni est le dossier de censure le plus long de ce catalogue. Jamais soumis pour une sortie en salle, il devient dans les années 80 l’un des video nasties les plus poursuivis. Il faut attendre novembre 2001 pour un premier visa, obtenu après sept minutes de coupes dans les trois séquences d’agression. Une version alternative soumise en 2003, où l’agression était retravaillée en hors-champ, est encore amputée de 41 secondes. En 2010, une nouvelle soumission de la version intégrale reste coupée de 2 minutes 54. Le film n’a donc jamais circulé intégralement outre-Manche. Ailleurs, il est interdit en Irlande, en Norvège, en Islande, en Allemagne de l’Ouest et en Australie. Aux États-Unis, Roger Ebert lui attribue la note zéro et le décrit comme une ordure sadique, ce qui reste le jugement critique le plus cité à son sujet.

Thématiques et lecture sociologique

Le désaccord n’est toujours pas tranché. Pour ses détracteurs, la durée accordée à l’agression excède de très loin ce que la démonstration exigeait, et le film sert d’abord un public venu pour ça. Pour ses défenseurs, dont plusieurs universitaires féministes à partir des années 90, notamment dans les travaux de Carol Clover sur le regard dans le cinéma d’horreur, l’absence de stylisation est précisément ce qui interdit toute jouissance, et le renversement final donne à Jennifer Hills une autonomie que le genre refusait alors à ses personnages féminins. Les deux lectures s’appuient sur le même matériau, ce qui est rare et explique la longévité du débat. Nobuo ne tranche pas, mais note un fait : le film ne montre à aucun moment la riposte comme une réparation. Jennifer ne redevient pas ce qu’elle était, et le dernier plan ne propose aucun apaisement.

Héritage et influence

Il a donné au rape and revenge son titre le plus connu, six ans après La Dernière Maison sur la gauche qui en avait posé les bases. Sa descendance est immense et souvent bien plus policée, jusqu’aux films de vengeance féminine contemporains qui en reprennent la structure en abandonnant sa crudité. Le film lui-même a engendré un remake en 2010 et deux suites, puis une suite directe tournée par Zarchi en 2019 avec Camille Keaton dans le même rôle, quarante et un ans plus tard. Le fils du réalisateur a par ailleurs consacré un documentaire à la fabrication de l’original. Rares sont les films de ce registre à avoir suscité autant de littérature universitaire, ce qui reste le meilleur indice de ce qu’il a réellement produit.

Verdict

  • À voir siVous vous intéressez au rape and revenge, à l’histoire des video nasties, ou à ce que produit un film qui refuse toute musique du début à la fin.
  • À éviter siLes violences sexuelles filmées longuement vous sont insupportables. La séquence dure vingt-cinq minutes et rien ne vient l’atténuer.

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Questions fréquentes

Le film est-il inspiré d'une histoire vraie ?

Pas dans son intrigue, mais dans son origine. En 1974, Meir Zarchi a porté secours à une jeune femme violée dans un parc new-yorkais et s’est heurté au traitement administratif que la police a réservé à sa plainte. Il a écrit le scénario comme une réponse à cet épisode.

Pourquoi n'y a-t-il aucune musique ?

C’est un choix intégral : le film ne comporte aucune partition, ni pendant l’agression, ni pendant la vengeance, ni au générique. Zarchi supprime ainsi tous les repères qui indiquent habituellement au spectateur ce qu’il doit ressentir. Il ne reste que le son direct, et c’est ce qui rend le film si difficile à traverser.

Pourquoi deux titres différents ?

Le film est sorti en 1978 sous le titre Day of the Woman, en autodistribution et sans publicité, et n’a pas trouvé son public. En 1980, un distributeur de cinéma d’exploitation l’a racheté, rebaptisé I Spit on Your Grave et vendu sur son potentiel de scandale. Le succès et la réputation datent de cette seconde sortie.

A-t-il déjà été autorisé sans coupes au Royaume-Uni ?

Non, à ce jour. Premier visa en novembre 2001 après sept minutes de coupes, version alternative encore amputée de 41 secondes en 2003, et nouvelle soumission en 2010 toujours coupée de 2 minutes 54. C’est l’un des dossiers de censure les plus longs de l’histoire de la BBFC.

Est-ce un film féministe ou misogyne ?

Le débat n’est pas clos. Ses détracteurs jugent la durée de l’agression indéfendable et le film destiné à un public venu pour elle. Ses défenseurs, dont plusieurs universitaires féministes depuis les années 90, estiment que l’absence totale de stylisation interdit toute jouissance et que le renversement final donne à son personnage une autonomie rare pour l’époque. Les deux lectures reposent sur le même matériau.

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