The Human Centipede II (Full Sequence)

2011 Pays-Bas Royaume-Uni Tom Six Body horror Extrême

2,00/ 5Note globale

  • Valeur cinématographique2,00
  • Glauque5,00
  • Violent4,50
  • Dérangeant5,00
  • Gore4,50
  • Nudité3,75

La note globale juge la valeur cinématographique de l'oeuvre. Les autres notes mesurent l'intensité, pas la qualité.

Nos notes

  • Globale 2,00. Un noir et blanc superbe et une performance muette remarquable, au service d’une provocation qui se contente d’être plus sale que la précédente. La blague méta ne tient pas 88 minutes.
  • Glauque 5,00. Parking souterrain suintant, appartement crasseux, entrepôt bâché de plastique. Tout est humide, tout colle, la crasse est le vrai sujet du film.
  • Violent 4,50. Violence d’amateur, lente et bricolée, sans montée dramatique. Elle épuise plus qu’elle ne saisit.
  • Dérangeant 5,00. Le film cible directement le spectateur qui l’a réclamé, et lui sert exactement ce qu’il demandait. C’est la seule idée du film, mais elle fonctionne.
  • Gore 4,50. Agrafeuses, marteau, adhésif, laxatifs. Le gore est domestique, ce qui le rend plus pénible que spectaculaire.
  • Nudité 3,75. Nudité de captivité, jamais érotisée, filmée comme un état de dépossession.

Vidéos

THE HUMAN CENTIPEDE 2 - bande annonce VF
Official Trailer

Le film

  • Titre originalThe Human Centipede II (Full Sequence)
  • Titres alternatifsThe Human Centipede 2 (France), Full Sequence
  • Année2011 Années 2010
  • Durée88 min en version intégrale, 85 min en version britannique
  • PaysPays-Bas Royaume-Uni
  • LangueAnglais
  • RéalisateurTom Six
  • ScénarioTom Six
  • ActeursLaurence R. Harvey (Martin Lomax), Ashlynn Yennie (dans son propre rôle), Maddi Black, avec Vivien Bridson et Bill Hutchens
  • TechniqueImage de David Meadows, tournage en noir et blanc
  • StudioSix Entertainment Company IFC Midnight
  • FormatExtrême contemporain Noir et blanc
  • SagaThe Human Centipede volume 2 sur 3, entre First Sequence (2009) et Final Sequence (2015)
  • Sous-genresBody horror Extrême / Underground Gore Méta
  • ClassificationRefusé à la classification par la BBFC britannique le 6 juin 2011, au motif d’un risque réel de préjudice pour le spectateur et d’une possible infraction à la loi sur l’obscénité. Le distributeur a accepté 32 coupes, soit 2 min 37 s, et le film a obtenu son visa 18 en octobre 2011. En Australie, il a d’abord été classé R18+ sans coupe, puis refusé à la classification sur recours du procureur général de Nouvelle-Galles du Sud, avant qu’une version amputée de 30 secondes ne soit finalement autorisée.
  • DisponibilitéÉditions coupées et intégrales selon les territoires. Nobuo ne référence aucun lien de visionnage.

Contenu extrêmeSéquestration, mutilations pratiquées sans anesthésie, viol, scatologie frontale et violences sur une femme enceinte. Tout est simulé, mais le film a été refusé à la classification en Grande-Bretagne pour risque de préjudice, ce qui reste exceptionnel. Cette fiche existe pour le documenter, pas pour le recommander.

Un gardien de parking obsédé par The Human Centipede décide de refaire le film pour de vrai, avec douze victimes, une agrafeuse et aucune compétence médicale. Tom Six répond aux spectateurs qui trouvaient son premier film trop sage en leur montrant exactement ce qu’ils réclamaient. Le geste est malin. Le film, beaucoup moins.

Contexte et genèse du projet

Le premier Human Centipede, sorti en 2009, s’était imposé comme phénomène viral surtout par son pitch, largement plus commenté que vu. Tom Six a expliqué avoir conçu la suite comme une réponse directe à ceux qui jugeaient l’original étrangement sage, et il a annoncé le programme dès le titre : trois maillons dans le premier, douze dans celui-ci. Le dispositif devient méta. Martin Lomax, gardien d’un parking souterrain londonien, mutique, asthmatique, marqué par les abus de son père et le mépris de sa mère, regarde le premier film en boucle sur son ordinateur, prend des notes dans un classeur, et entreprend de le reproduire dans un entrepôt. Ashlynn Yennie, comédienne du premier volet, y joue son propre rôle et se retrouve piégée dans un faux casting.

Mise en scène et esthétique

C’est la vraie réussite du film. Là où le premier volet jouait la froideur clinique, la lumière blanche et la villa moderne, celui-ci est tourné dans un noir et blanc contrasté et charbonneux signé David Meadows, avec des focales courtes qui déforment les visages et un travail sonore fait de respirations sifflantes et de raclements. Le film est presque muet : Martin ne prononce pas un mot du début à la fin, et Laurence R. Harvey construit toute une partition avec un regard et une respiration. La couleur n’apparaît qu’une seule fois, réservée à l’immondice, dans le dernier acte. L’horreur ne vient pas d’un savoir-faire chirurgical mais de son absence : pas d’anesthésie, pas de bloc opératoire, une agrafeuse de bureau, du ruban adhésif et des laxatifs.

Censure et réception

Le 6 juin 2011, la BBFC refuse purement et simplement le visa, décision rarissime : le film ne peut alors être distribué légalement au Royaume-Uni. L’organisme invoque un risque réel de préjudice, l’association de l’excitation sexuelle à la torture, et une possible infraction à la législation sur l’obscénité. Le distributeur engage un recours puis négocie : 32 coupes pour 2 min 37 s, et le visa 18 tombe en octobre 2011. L’Australie fournit la séquence inverse et tout aussi révélatrice, puisque le film y est d’abord classé R18+ sans coupe, avant d’être interdit sur recours politique, puis réautorisé dans une version amputée de trente secondes. Les bandes-annonces australiennes se sont d’ailleurs construites sur les citations du rapport de censure britannique : la censure comme argument de vente, un classique du genre depuis Faces of Death.

Thématiques et lecture sociologique

Tom Six revendique une réflexion sur la porosité entre fiction et réalité, et sur ce que le cinéma d’horreur produit chez les esprits fragiles. Martin est présenté comme un pur produit de ce circuit : victime devenue bourreau, incapable de distinguer le film de sa propre vie, poussé par un psychiatre lui-même prédateur. Le film moque aussi frontalement son public, en lui donnant la surenchère réclamée sous la forme la plus répugnante possible. L’idée est réelle, mais elle est entièrement contenue dans le principe : une fois le dispositif compris, dans les vingt premières minutes, le film n’a plus rien à ajouter et se contente de dérouler. La thèse sur les effets des médias violents, elle, reste une pétition de principe que le film n’examine jamais.

Héritage et influence

Le film restera d’abord comme un cas d’école de censure, l’un des très rares titres refusés par la BBFC au 21e siècle, et comme la démonstration que l’interdiction reste le meilleur service marketing du cinéma extrême. Il a imposé Laurence R. Harvey, comédien de théâtre jusque-là inconnu, comme une figure du genre. La saga s’est achevée en 2015 avec Final Sequence, virage vers la satire carcérale qui a définitivement dissipé le doute sur le sérieux de l’entreprise.

Verdict

  • À voir siVous vous intéressez aux mécanismes de la censure contemporaine, ou vous voulez juger sur pièces l’un des rares films refusés par la BBFC.
  • À éviter siVous attendez un récit. Le film est une épreuve d’endurance construite sur une seule idée, et la scatologie y est constante.

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Questions fréquentes

Pourquoi la censure britannique a-t-elle refusé le film ?

La BBFC a estimé, le 6 juin 2011, que l’œuvre présentait un risque réel de préjudice pour le spectateur en associant l’excitation sexuelle à la torture et à l’humiliation, et qu’elle pouvait tomber sous le coup de la loi sur l’obscénité. Sans visa, sa distribution vidéo était illégale au Royaume-Uni.

Combien de coupes ont été nécessaires ?

Trente-deux coupes, pour un total de 2 minutes et 37 secondes. Le film a obtenu son visa 18 en octobre 2011. C’est cette version qui a également circulé aux États-Unis avant des éditions intégrales.

Le film a-t-il été interdit en Australie ?

Le parcours y est plus tortueux qu’on ne le dit. Le film a d’abord été classé R18+ sans aucune coupe, à la surprise de son propre distributeur. Un recours du procureur général de Nouvelle-Galles du Sud a ensuite conduit à son refus de classification, donc à son interdiction, avant qu’une version amputée d’une trentaine de secondes ne soit autorisée.

Faut-il avoir vu le premier film ?

Oui, sans quoi la moitié du dispositif disparaît. Le personnage principal regarde le premier volet en boucle et cherche à le reproduire, et la comédienne Ashlynn Yennie y joue son propre rôle. Le film est une suite au sens strictement méta : il ne prolonge pas l’histoire, il prolonge la réception de l’histoire.

Pourquoi le noir et blanc ?

Tom Six l’a présenté comme un contrepoint à la blancheur clinique du premier film, et le procédé rend surtout la crasse omniprésente sans virer au spectacle sanglant. Un unique élément coloré apparaît dans le dernier acte, réservé à l’immondice.

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