Les Bloody Benders
1873 Kansas États-Unis Tueurs en série Auteurs jamais retrouvés
1873 Kansas États-Unis Tueurs en série Auteurs jamais retrouvés




















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Contenu sensibleCette fiche évoque des homicides, l’exhumation de corps et la mort d’un très jeune enfant. Les images provenant des archives publiques montrent le site, des gravures de presse et différents documents du comté.
Entre 1871 et 1873, une famille tient une petite auberge le long d’une piste du Kansas. Les voyageurs peuvent y manger et passer la nuit. On les installe à la meilleure place, le dos tourné vers un rideau de toile. De l’autre côté, quelqu’un attend avec un marteau. Sous la table se trouve une trappe. Dans le verger, les enquêteurs finiront par découvrir huit corps, dont celui d’une fillette de dix-huit mois, retrouvé sous celui de son père.
En 1870, quatre personnes qui se présentent comme un père, une mère, leur fils et leur fille s’installent sur une concession du comté de Labette, dans le sud-est du Kansas, le long de la piste reliant Fort Scott à Independence. Elles construisent une cabane d’une seule pièce, y ouvrent une petite épicerie et proposent aux voyageurs de manger et de dormir sur place. Une toile de chariot, tendue au milieu de la pièce, sépare l’espace commun de la partie privée.
Les Bender parlaient allemand et affirmaient venir des Pays-Bas ou d’Allemagne, mais leur véritable identité n’a jamais été établie. Kate, âgée d’une vingtaine d’années, organisait des séances de spiritisme, disait posséder des dons de guérison et distribuait des cartes de visite vantant ses talents de médium. Elle donnait également des conférences sur le spiritisme et l’amour libre, ce qui contribua à faire connaître la famille bien au-delà du comté.
Les témoignages des rescapés et les constatations des enquêteurs décrivent tous le même scénario. Le voyageur était invité à prendre place sur le siège le plus confortable, le dos tourné vers la cloison de toile, à seulement quelques centimètres de celle-ci. Pendant que les femmes le servaient, un homme placé derrière le rideau le frappait à la tête avec un marteau, à travers le tissu. La victime était ensuite tirée en arrière, égorgée, puis jetée dans une cave d’environ un mètre quatre-vingts de profondeur par une trappe située sous la table. Elle y était dépouillée avant d’être enterrée, généralement de nuit, dans le verger.
Au moins deux hommes auraient échappé au piège. L’un d’eux, rendu méfiant par la présence du rideau et par l’insistance des femmes pour qu’il change de place, refusa de s’asseoir là où on le lui demandait et quitta aussitôt la cabane. Leurs récits, recueillis après 1873, ont permis de confirmer la disposition des lieux.
Depuis deux ans, les disparitions se multiplient le long de la piste. Mais dans cette région encore peu administrée, elles sont souvent attribuées aux bandits ou aux attaques amérindiennes. L’affaire prend une autre dimension le 9 mars 1873, lorsque le docteur William Henry York disparaît alors qu’il rentre chez lui, à Independence. Son frère, le colonel Alexander York, est un homme influent et siège au Sénat de l’État. Il remonte l’itinéraire emprunté par William, suit sa trace jusqu’à la cabane des Bender et interroge la famille à deux reprises, sans obtenir de réponse. Le 3 mai, une réunion publique est organisée dans une ferme voisine afin de préparer la fouille de toutes les propriétés du secteur. John Bender fils y assiste.
Quelques jours plus tard, un voisin remarque que les animaux, laissés sans nourriture, hurlent de faim et que la maison semble abandonnée depuis plusieurs jours. Les Bender ont laissé leur chariot à la gare de Thayer avant de disparaître. Dans la cabane, une forte odeur de putréfaction se dégage. La cave aménagée sous le plancher est vide, mais son sol et ses parois portent des traces de sang coagulé. Les recherches se concentrent alors sur le verger, où plusieurs portions de terre paraissent avoir été récemment remuées.
En une dizaine de jours, au moins huit corps sont exhumés. Tous présentent un traumatisme à l’arrière du crâne et la plupart ont également été égorgés. Parmi les victimes figurent le docteur York, ainsi que George Loncher et sa fille Mary Ann, âgée de dix-huit mois. Le corps de l’enfant est retrouvé sous celui de son père. Plusieurs comptes rendus de l’époque, notamment celui du coroner, précisent qu’elle ne portait aucune blessure mortelle, ce qui conduisit à penser qu’elle avait pu être enterrée vivante. D’autres restes sont signalés dans les jours suivants sur la prairie voisine, sans qu’un bilan définitif puisse être établi. Selon les sources, le nombre de victimes attribuées aux Bender varie de huit à vingt et une.
Des dizaines d’hommes se lancent à leur poursuite dans une région qui ne dispose encore d’aucune force de police réellement organisée. À partir de là, les faits laissent rapidement place aux rumeurs. Plusieurs groupes ont affirmé, parfois plus de trente ans après les événements, avoir retrouvé les Bender et les avoir exécutés. Les versions se contredisent : certains disent qu’ils ont été fusillés, d’autres brûlés dans leur chariot ou jetés dans un puits. Aucun corps n’a jamais été présenté, aucune procédure officielle n’a été engagée et la prime promise par l’État du Kansas n’a jamais été réclamée.
En 1889, deux femmes arrêtées à Niles, dans le Michigan, sont extradées vers le Kansas, où l’on pense reconnaître Kate Bender et sa mère. Les témoins de 1873 donnent toutefois des versions contradictoires et les deux suspectes sont finalement relâchées. D’autres prétendues identifications auront lieu jusqu’aux années 1930, sans jamais être confirmées. Certains travaux modernes remettent même en cause l’idée que les quatre Bender formaient réellement une famille : des registres de mariage laissent penser que Kate et John fils auraient été mari et femme, et non frère et sœur.
Au moins huit corps ont été exhumés en mai 1873. Le nombre réel de victimes reste inconnu : selon les estimations de l’époque et les recherches menées par la suite, les Bender pourraient être liés à huit à une vingtaine de disparitions sur cette portion de piste.
Oui. Les procès-verbaux de la fouille mentionnent une cave aménagée sous le plancher et accessible par une trappe. Le sol et les parois portaient d’importantes traces de sang.
C’est l’hypothèse retenue à l’époque par le coroner, puis largement reprise dans la presse, car l’enfant ne présentait aucune blessure mortelle visible. Les moyens d’expertise disponibles en 1873 ne permettent cependant pas de l’affirmer avec certitude.
Aucune capture n’a jamais été confirmée. Plusieurs groupes de poursuivants ont prétendu avoir exécuté les Bender, mais leurs récits sont tardifs et contradictoires. Aucun corps n’a été retrouvé et la prime promise par l’État n’a jamais été versée.
Rien ne permet de l’affirmer avec certitude. Leurs identités n’ont jamais été authentifiées, et certains documents suggèrent que les deux plus jeunes auraient été mariés plutôt que frère et sœur.
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