2,00/ 5Note globale

  • Valeur cinématographique2,00
  • Glauque5,00
  • Violent5,00
  • Dérangeant5,00
  • Gore4,75
  • Nudité2,75

La note globale juge la valeur cinématographique de l'oeuvre. Les autres notes mesurent l'intensité, pas la qualité.

Nos notes

  • Globale 2,00. La surenchère remplace ici la seule idée qui tenait le premier film. Il reste des maquillages remarquables et un dispositif appliqué sans faille, au service de rien.
  • Glauque 5,00. Trois cents dollars, un sous-sol, des fluides. Aucun film du catalogue n’atteint ce niveau de saleté physique à l’écran.
  • Violent 5,00. Violence continue et hurlée, sans un instant de silence ni de progression. Elle agresse plus qu’elle ne raconte.
  • Dérangeant 5,00. Le trio se pousse mutuellement, la caméra circule entre eux, et le spectateur reste le quatrième membre du groupe. Il n’y a aucune sortie de secours pendant 77 minutes.
  • Gore 4,75. Prothèses et effets d’un réalisme redoutable, seul poste où le savoir-faire de l’équipe est indiscutable.
  • Nudité 2,75. Fréquente, dégradée, mêlée à l’automutilation. Jamais filmée autrement que comme un outil d’avilissement.

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Le film

  • Titre originalAugust Underground’s Mordum
  • Année2003 Années 2000
  • Durée77 min
  • PaysÉtats-Unis
  • LangueAnglais
  • RéalisationŒuvre collective créditée à Fred Vogel, Killjoy, Cristie Whiles, Jerami Cruise et Michael Todd Schneider
  • ScénarioLes mêmes. Aucun scénario dialogué au sens classique
  • ActeursFred Vogel (Peter), Cristie Whiles (Crusty), Michael Todd Schneider (Maggot)
  • TechniqueVidéo analogique dégradée, montage haché, musique fournie par des groupes de death metal proches de l’équipe, dont Necrophagia et Wurdulak
  • StudioToetag Pictures
  • BudgetEnviron 300 dollars
  • FormatVidéo amateur Direct to video
  • SagaAugust Underground volume 2 sur 3, entre August Underground (2001) et Penance (2007). Il existe également un montage parallèle, dit The Maggot Cut, diffusé par Michael Todd Schneider après son départ de l’équipe
  • Sous-genresFaux snuff Found footage Extrême / Underground Gore
  • ClassificationJamais soumis à une commission de classification, jamais sorti en salle. Des exemplaires ont été saisis par les douanes australiennes en 2004, au motif qu’ils heurtaient les standards de décence admis par des adultes raisonnables. En août 2005, des copies de ce film et du précédent, trouvées dans les bagages de Fred Vogel à la frontière canadienne, ont valu à celui-ci une arrestation pour importation de matériel obscène, suivie d’un abandon des poursuites.
  • DisponibilitéVente directe par le studio, circulation confidentielle. Nobuo ne référence aucun lien de visionnage.

Contenu extrêmeTorture, mutilation, automutilation, viol, nécrophilie, violence sur enfant, fluides corporels. Tout est simulé au maquillage, mais l’accumulation est frontale et ininterrompue. C’est le titre le plus dur de ce catalogue.

Peter n’est plus seul : il a désormais une compagne et le frère de celle-ci. Trois personnes qui s’encouragent, filment tout, et n’ont plus rien d’autre à faire. Toetag Pictures voulait une suite qui rendrait le premier film presque regardable. Contrat rempli, et c’est à peu près tout.

Contexte et genèse du projet

Le premier August Underground avait donné à Toetag Pictures une réputation solide dans un cercle très étroit. La suite est tournée deux ans plus tard pour environ trois cents dollars, avec un fonctionnement de collectif : Fred Vogel, Cristie Whiles, Jerami Cruise, Michael Todd Schneider et Killjoy, chanteur du groupe de death metal Necrophagia, sont crédités ensemble à l’écriture, à la réalisation et au montage. Cette dernière participation explique la bande sonore, entièrement fournie par des groupes proches de l’équipe. Le dispositif reste celui du premier film, la fausse cassette tournée par les meurtriers, mais le duo devient un trio : Peter revient, accompagné de Crusty, sa compagne, et de Maggot, le frère de celle-ci. Que le complice cameraman du premier volet ait disparu n’est jamais expliqué. Le titre est un mot forgé, sans signification établie, dont l’équipe n’a jamais donné d’origine claire.

Mise en scène et esthétique

Techniquement, rien ne change : même vidéo dégradée, même absence de musique de scène, même caméra tenue par les personnages. Le montage, lui, devient plus haché, et le film troque le désœuvrement du premier volet contre une agitation permanente. Là où August Underground tirait son malaise de l’alternance entre le banal et l’atroce, celui-ci supprime le banal. Les hurlements sont continus, les dialogues hystériques, les séquences s’enchaînent sans respiration. C’est une agression sensorielle avant d’être un film, et c’est assumé comme tel. Le seul poste où le savoir-faire reste indiscutable est celui des maquillages : les prothèses de Vogel et de Cruise atteignent un degré de crédibilité que très peu de productions à ce niveau de budget ont approché.

Censure et réception

Le film n’a jamais été classé nulle part, faute d’avoir jamais été soumis à une commission, et sa circulation est restée confidentielle, assurée par la vente directe du studio. Deux épisodes douaniers l’ont fait connaître au-delà de ce cercle : la saisie d’exemplaires par les douanes australiennes en 2004, et l’arrestation de Fred Vogel à la frontière canadienne en août 2005, où les copies de ce film et du précédent, découvertes dans sa marchandise, lui ont valu une inculpation pour importation de matériel obscène, finalement abandonnée. La réception, elle, est d’un rare unanimisme : les bases de données spécialisées dans le cinéma extrême le classent parmi les titres les plus abjects jamais recensés, et le rangent souvent dans la catégorie des films sans valeur, y compris chez des chroniqueurs qui défendent par ailleurs Salò ou Cannibal Holocaust.

Thématiques et lecture sociologique

Le passage du duo au trio produit la seule chose neuve du film : une dynamique de groupe. Les trois personnages se surveillent, se jalousent, se poussent, et chacun surenchérit pour ne pas être le maillon tiède. C’est un mécanisme documenté dans les affaires criminelles à plusieurs auteurs, et le film le restitue avec une justesse involontaire. L’ajout d’une femme au centre du dispositif rompt par ailleurs avec le partage habituel des rôles dans le genre : Crusty n’est ni victime ni complice passive, elle initie autant qu’elle suit. Reste que le film ne fait rien de cette matière : il l’expose et passe à la scène suivante. La thèse du premier volet, la violence réelle n’a ni style ni sens, se retourne ici contre son propre film, qui n’a plus rien à démontrer et continue quand même.

Héritage et influence

Sa postérité est celle d’un étalon : Mordum sert de borne dans les discussions sur la tolérance du spectateur, cité par des gens qui ne l’ont pas vu comme la limite au-delà de laquelle il n’y aurait plus rien. Il a aussi laissé une trace dans l’histoire de sa propre production, Michael Todd Schneider ayant quitté l’équipe juste après le tournage pour diffuser son propre montage sous le nom de The Maggot Cut, cas rare de version parallèle dans le cinéma underground. La trilogie s’achèvera en 2007 avec Penance, mieux filmé et plus construit, comme si l’équipe avait elle-même constaté qu’on ne pouvait pas aller plus loin dans cette direction.

Verdict

  • À voir siVous documentez sérieusement les limites du cinéma d’abjection. C’est la seule raison valable, et elle n’est pas une raison de spectateur.
  • À éviter siVous cherchez un film. Il n’y a ici ni récit, ni construction, ni fin, seulement une accumulation, et Nobuo ne le recommande à personne.

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Questions fréquentes

Qui sont Crusty et Maggot ?

Crusty, jouée par Cristie Whiles, est la compagne de Peter. Maggot, joué par Michael Todd Schneider, est le frère de Crusty, présenté comme un adulte au comportement infantile. Contrairement à une confusion fréquente, Maggot est un personnage masculin : le personnage féminin du trio est Crusty.

Que signifie le mot Mordum ?

Rien d’établi. C’est un mot forgé pour le titre, dont l’équipe n’a jamais donné d’origine documentée. Les définitions qui circulent sur les forums ne viennent pas de la production.

Le film a-t-il été saisi en douane ?

Oui, à deux reprises. Les douanes australiennes ont saisi des exemplaires en 2004, jugeant qu’ils heurtaient les standards de décence admis par des adultes raisonnables. En août 2005, des copies trouvées dans les bagages de Fred Vogel à la frontière canadienne lui ont valu une arrestation pour importation de matériel obscène, poursuites finalement abandonnées.

Qu'est-ce que The Maggot Cut ?

Un montage parallèle du film, diffusé par Michael Todd Schneider après son départ de l’équipe, à travers sa propre structure. Le montage officiel reste celui édité par Toetag Pictures.

Faut-il avoir vu le premier film ?

Non, aucune intrigue ne les relie vraiment. Seul le personnage de Peter revient, et la disparition de son complice du premier volet n’est jamais expliquée. Le premier film reste toutefois le seul des deux à avoir une idée directrice.

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