2,00/ 5Note globale

  • Valeur cinématographique2,00
  • Glauque4,50
  • Violent4,00
  • Dérangeant4,50
  • Gore3,50
  • Nudité4,50

La note globale juge la valeur cinématographique de l'oeuvre. Les autres notes mesurent l'intensité, pas la qualité.

Nos notes

  • Globale 2,00. Un produit de série sans mise en scène, sans écriture et sans la moindre justification, dont l’intérêt est entièrement historique : c’est son affiche qui a déclenché la panique des video nasties.
  • Glauque 4,50. Le sujet suffit. Baraquements, blouses, uniformes, et la certitude permanente que le film exploite ce qu’il prétend montrer.
  • Violent 4,00. Sévices médicaux, exécutions, castration. La violence est bricolée, mais son cadre la rend difficile à regarder froidement.
  • Dérangeant 4,50. Le malaise ne vient pas des images, plus faibles que leur réputation, mais du décor choisi : celui des camps d’extermination, utilisé comme argument érotique.
  • Gore 3,50. Effets rudimentaires, peu nombreux, sans aucun savoir-faire particulier.
  • Nudité 4,50. Permanente et centrale : c’est le vrai produit vendu par le film, tout le reste n’est qu’emballage.

Vidéos

SS Experiment Trailer

Le film

  • Titre originalLager SSadis Kastrat Kommandantur
  • Titres alternatifsSS Experiment Camp, SS Experiment Love Camp, Horreurs nazies et S.S. Experiment (France), Captive Women II: Orgies of the Damned
  • Année1976 Années 70
  • Durée94 min
  • PaysItalie
  • LangueItalien
  • RéalisateurSergio Garrone, venu du western spaghetti, auteur de deux films de nazisploitation tournés coup sur coup avec la même équipe
  • ScénarioSergio Garrone, Sergio Chiusi et Vinicio Marinucci
  • ActeursMircha Carven (Helmut), Paola Corazzi (Mirelle), Giorgio Cerioni (colonel von Kleiben), Attilio Dottesio (docteur Steiner), avec Giovanna Mainardi et Serafino Profumo
  • TechniqueImage de Maurizio Centini, montage de Cesare Bianchini, musique de Vasili Kojucharov et Roberto Pregadio
  • StudioSocietà Europea Films Internazionali
  • FormatExploitation Video nasty
  • SagaAucune. Garrone enchaînera immédiatement avec un second film du même genre, SS Camp 5: Women’s Hell, tourné avec les mêmes décors et une partie du même casting
  • Sous-genresNazisploitation Exploitation Extrême / Underground
  • ClassificationC’est la publicité de ce film, et non son contenu, qui a mis le feu aux poudres au Royaume-Uni au début de 1982 et lancé le débat sur les video nasties, dont il est devenu l’un des titres emblématiques. Interdit en Allemagne, coupé dans la plupart des exploitations occidentales. En 2005, la censure britannique l’a finalement autorisé sans la moindre coupe, en relevant que son contenu était en réalité très faible et médiocrement exécuté.
  • DisponibilitéÉditions vidéo restaurées récentes, intégrales. Nobuo ne référence aucun lien de visionnage.

Contenu problématiqueLe film utilise le décor des camps d’extermination nazis comme cadre d’un divertissement érotique. Il contient des scènes de violence sexuelle, d’expérimentation médicale et de castration.

Un camp, des prisonnières, des expériences censées perfectionner la race. Le commandant a perdu ses testicules sous les dents d’une détenue et prépare une greffe aux dépens d’un de ses propres soldats. Voilà le film qui a déclenché la plus grande panique morale de l’histoire du cinéma britannique. Il ne les méritait ni l’une ni l’autre.

Contexte et genèse du projet

Le milieu des années 70 voit naître un sous-genre bref et détestable, la nazisploitation, dans le sillage du succès d’Ilsa, la louve des SS et à la remorque d’œuvres plus ambitieuses comme Portier de nuit ou Salon Kitty, qui avaient ouvert la porte à une imagerie que le cinéma d’exploitation s’est empressé de piller. Sergio Garrone, artisan venu du western spaghetti, en tourne deux coup sur coup, avec les mêmes décors, la même équipe et une partie du même casting, dont celui-ci. Le principe est purement industriel : un cadre historique qui promet l’interdit, des corps nus, un budget minimal, une exploitation en salles de quartier. Le film s’appelle en italien Lager SSadis Kastrat Kommandantur, titre qui annonce déjà la castration autour de laquelle tourne son intrigue.

Mise en scène et esthétique

Il n’y a pas de mise en scène à proprement parler. Décors réduits, éclairage plat, cadres fonctionnels, plans de dialogue interminables entrecoupés de séquences de nudité et de sévices bricolés. Les effets sont rudimentaires, les interprètes livrés à eux-mêmes, le doublage approximatif. La seule constante est l’insistance de la caméra sur les corps dénudés des actrices, qui constitue le vrai produit vendu. Le plus embarrassant est ailleurs : le film est ennuyeux. Son intrigue de greffe testiculaire, censée soutenir tout l’édifice, produit des scènes involontairement comiques, et la plupart des spectateurs venus par la réputation en ressortent en constatant qu’il ne se passe à peu près rien pendant une heure et demie.

Censure et réception

C’est ici que le film entre dans l’histoire, et pour une raison qui n’a rien à voir avec ce qu’il contient. Au début de 1982, sa campagne publicitaire britannique, dominée par l’image d’une femme nue suspendue par les pieds, provoque un tollé dans la presse et déclenche le débat qui deviendra la panique des video nasties. Autrement dit, le mouvement qui aboutira à l’interdiction de dizaines de films et au durcissement de la législation britannique sur la vidéo est parti d’une affiche. Le film rejoint évidemment la liste, est interdit en Allemagne, coupé un peu partout en Occident, et devient l’un des titres les plus cités de la période. La conclusion est venue en 2005 : la censure britannique l’a autorisé sans la moindre coupe, en relevant que son contenu était en réalité très faible et médiocrement exécuté. Vingt-trois ans de scandale pour un film que l’organisme lui-même a fini par juger inoffensif.

Thématiques et lecture sociologique

Il serait malhonnête de chercher ici une intention. Le film n’a aucun propos sur le nazisme, ne documente rien, n’éclaire rien, et se contente d’utiliser le décor le plus chargé de l’histoire européenne comme emballage d’un produit érotique. Ce qu’il révèle en revanche est réel, et c’est ce qui justifie sa présence dans ce catalogue : une industrie prête à tout pour remplir des salles, un public disponible pour une fascination trouble à l’égard de l’uniforme et de la domination, et une confusion, encore neuve à l’époque, entre liberté d’expression et absence totale de limites. La nazisploitation n’a duré que quelques années, et son extinction rapide en dit long : même le cinéma d’exploitation a fini par juger le filon indéfendable.

Héritage et influence

Sa postérité est entièrement paradoxale. Il n’a influencé aucun cinéaste, n’a rien inventé, et personne ne le défend sur le plan artistique, y compris parmi les amateurs du genre, qui lui préfèrent nettement Ilsa. Mais il occupe une place centrale dans l’histoire de la censure occidentale, comme point de départ documenté d’une panique morale qui a redessiné le droit britannique et privé le public de dizaines de films, dont plusieurs authentiques réussites présentes dans ce catalogue. Que le déclencheur ait été un navet inoffensif est la meilleure leçon que cette période puisse offrir.

Verdict

  • À voir siVous documentez l’histoire de la censure et voulez constater par vous-même l’écart entre le scandale et l’objet. C’est la seule raison valable.
  • À éviter siVous cherchez un film. Il n’y en a pas, et le cadre choisi rend l’ennui encore plus difficile à excuser.

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Questions fréquentes

Ce film a-t-il vraiment déclenché la panique des video nasties ?

Sa campagne publicitaire britannique, au début de 1982, en a été l’un des déclencheurs documentés. L’image d’une femme nue suspendue par les pieds a provoqué un tollé dans la presse et lancé le débat qui aboutira à l’interdiction de dizaines de films et au durcissement de la loi sur la vidéo. Le scandale est né d’une affiche, pas d’un visionnage.

Que dit la censure britannique aujourd'hui ?

Elle a autorisé le film sans la moindre coupe en 2005, en relevant que son contenu était en réalité très faible et médiocrement exécuté. C’est l’un des rares cas où l’organisme de classification a lui-même constaté la disproportion entre la réputation d’un titre et ce qu’il contient.

De quoi parle réellement le film ?

D’un camp où des prisonnières servent à des expériences censées perfectionner la race, et surtout du commandant, privé de ses testicules par une détenue, qui organise une greffe aux dépens d’un de ses propres soldats. Le titre italien d’origine annonce d’ailleurs cette castration. L’intrigue produit des scènes involontairement comiques.

Qu'est-ce que la nazisploitation ?

Un sous-genre bref du cinéma d’exploitation des années 70, né dans le sillage d’Ilsa, la louve des SS et à la remorque d’œuvres sérieuses comme Portier de nuit ou Salon Kitty. Il utilise le décor des camps comme cadre érotique. Le filon s’est éteint en quelques années, y compris pour l’industrie qui l’exploitait.

Pourquoi une note globale si basse ?

Parce que Nobuo note la qualité du film séparément de sa dureté. Il n’y a ici ni mise en scène, ni écriture, ni intention identifiable au-delà du produit commercial, et le film est de surcroît ennuyeux. Son intérêt est exclusivement historique.

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