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2001 Japon Takashi Miike Art & essai dérangeant Satire Extrême
2001 Japon Takashi Miike Art & essai dérangeant Satire Extrême
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Contenu extrêmeLe film aborde frontalement l’inceste, la prostitution, la violence conjugale et parentale, l’usage de drogues et la nécrophilie. Tout est simulé, mais rien n’est traité par l’ellipse, et le ton comique employé rend l’ensemble plus difficile encore.
Un journaliste au chômage veut tourner un documentaire sur la jeunesse japonaise. Sa famille lui en fournit la matière : chacun y détruit l’autre en silence. Un inconnu s’installe chez eux et fait exploser ce qui restait. Takashi Miike répond à une commande sur le thème de l’amour par le film le plus insoutenable de sa carrière.
En 2000, la société Cinerocket commande six films en vidéo numérique à des réalisateurs japonais, sur un thème unique, l’amour, et avec une liberté totale. C’est le projet Love Cinema. Takashi Miike, alors en pleine boulimie de tournages, livre celui-ci, écrit par Itaru Era, tourné en cinq jours avec un caméscope. Sa structure reprend explicitement celle de Théorème de Pier Paolo Pasolini, où l’irruption d’un étranger dans une famille bourgeoise en révèle la pourriture : Miike a reconnu avoir vu le film et y avoir trouvé son point de départ. Les producteurs, eux, ont réagi de façon partagée : celui qui suivait le tournage était satisfait, la productrice générale de la série beaucoup moins en découvrant le résultat. Miike a résumé la situation sans détour : on leur avait promis la liberté, ils l’ont prise. La même année, il tournait Ichi the Killer.
La laideur est un choix budgétaire devenu parti pris. Le film a l’aspect d’une cassette de vacances, image baveuse, cadrages approximatifs, lumière crue, et cette texture d’amateurisme rend le contenu deux fois plus difficile à situer : on ne sait jamais s’il faut y voir une fiction ou un document trouvé. Le film est par ailleurs structuré comme une enquête, avec des questions posées en cartons, ce qui installe un ton d’entretien sociologique parfaitement décalé. Miike alterne l’horreur pure et le burlesque le plus franc, souvent dans le même plan, si bien que le spectateur se retrouve à rire d’une situation qu’il devrait fuir. C’est le mécanisme central du film, et sa réussite ; c’est aussi ce qui le rend indéfendable pour ceux qui n’y voient qu’un catalogue de provocations.
La France a réservé au film un traitement singulièrement clément : sortie en salle le 23 octobre 2002 avec une interdiction aux moins de 16 ans, là où le Japon, l’Allemagne, le Canada, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni l’ont réservé aux majeurs. Il a circulé dans le circuit des festivals de genre, l’Étrange Festival et ses décentralisations en province, avant une édition DVD chez Studiocanal, et n’a jamais été frappé de classement X ni d’interdiction. La critique française s’est divisée entre fascination et rejet total, plusieurs chroniqueurs reconnaissant ne pas savoir s’ils avaient le droit d’aimer le film. En festival, les départs en cours de projection ont été nombreux. Il n’en a pas moins reçu le prix du meilleur film à Fantasia en 2001, et valu à Miike un prix du meilleur réalisateur au Japon l’année suivante.
C’est une satire de la cellule familiale japonaise, et son sujet est le silence. Chaque membre de la famille subit ou infligé une violence que les autres feignent de ne pas voir, et le père tente de transformer cette matière en reportage vendable, ce qui ajoute une charge contre le journalisme de sensation. L’arrivée du visiteur ne résout rien : elle supprime seulement les derniers filtres. Le paradoxe final, où la famille retrouve une forme de cohésion en assumant intégralement sa monstruosité, est la thèse du film et son point le plus discutable : Miike suggère qu’il valait mieux tout regarder en face que continuer à faire semblant, sans jamais dire à quel prix. Le film pose la question et refuse d’y répondre, ce qui est à la fois son honnêteté et sa facilité.
Il a installé Takashi Miike, aux côtés d’Audition et d’Ichi the Killer, comme la figure du cinéma extrême japonais pour tout le public occidental des années 2000, avant que sa reconnaissance institutionnelle ne le mène jusqu’à la compétition cannoise. Il reste son titre le plus difficile à défendre en société, et celui que les rétrospectives programment le plus rarement. Sa vraie postérité est celle d’une méthode : cinq jours, un caméscope, aucune autorisation morale demandée à personne, et un film dont on parle encore vingt-cinq ans plus tard.
Non, et il y a même bénéficié d’un traitement plus souple qu’ailleurs : sortie en salle le 23 octobre 2002 avec une interdiction aux moins de 16 ans, alors que le Japon, l’Allemagne, le Canada, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni l’ont réservé aux majeurs. Aucun classement X, aucune coupe.
Parce que le film a été tourné en vidéo numérique en cinq jours, dans le cadre d’une commande à très petit budget. Cette texture de caméscope familial est devenue un parti pris : elle brouille la frontière entre fiction et document, et c’est une grande part de son effet.
Une commande de la société Cinerocket : six films tournés en vidéo numérique par des réalisateurs japonais entre octobre 2000 et mars 2001, sur le thème de l’amour, avec une liberté totale. Les cinq autres sont de facture nettement plus classique. Miike a pris la consigne au mot et livré celui-ci.
Le film reprend la trame de Théorème, où l’irruption d’un étranger dans une famille bourgeoise en révèle la décomposition. Miike a reconnu avoir vu le film et y avoir trouvé son point de départ. Le traitement, en revanche, n’a plus rien à voir.
Oui, ce qui étonne au vu de son contenu : prix du meilleur film au festival Fantasia en 2001, mention d’honneur au festival du film fantastique de Suède la même année, et prix du meilleur réalisateur pour Takashi Miike aux Japanese Professional Movie Awards en 2002, décerné pour l’ensemble de ses films de l’année.
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