3,75/ 5Note globale
- Valeur cinématographique3,75
- Glauque4,00
- Violent4,25
- Dérangeant4,00
- Gore4,25
- Nudité2,00
La note globale juge la valeur cinématographique de l'oeuvre. Les autres notes mesurent l'intensité, pas la qualité.
Nos notes
- Globale 3,75. Un slasher de commande nettement au-dessus de sa réputation, porté par Tom Savini et Rick Wakeman. L’intrigue est convenue, l’exécution ne l’est pas.
- Glauque 4,00. Colonie de vacances désaffectée, forêt, eau stagnante. Le film tire son inconfort du plein jour plutôt que de l’ombre, ce qui est rare dans le genre.
- Violent 4,25. Meurtres brefs, secs, sans mise en scène de la traque. Le massacre du radeau reste l’une des explosions de violence les plus abruptes du slasher.
- Dérangeant 4,00. Le tueur est une victime fabriquée par une blague d’adolescents, ce qui contamine tout le film d’un malaise que le genre évite d’ordinaire.
- Gore 4,25. Effets de Tom Savini au sommet de son art, d’un réalisme qui a directement provoqué la censure.
- Nudité 2,00. Ponctuelle, dans les codes du slasher de l’époque, sans insistance particulière.
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Le film
- Titre originalThe Burning
- Titres alternatifsCarnage (France)
- Année1981 Années 80
- Durée91 min
- PaysÉtats-Unis
- LangueAnglais
- RéalisateurTony Maylam
- ScénarioPeter Lawrence et Bob Weinstein, sur une histoire de Harvey Weinstein, Tony Maylam et Brad Grey
- ActeursBrian Matthews (Todd), Leah Ayres (Michelle), Brian Backer (Alfred), avec les débuts à l’écran de Jason Alexander, Holly Hunter et Fisher Stevens
- TechniqueEffets de maquillage de Tom Savini, musique de Rick Wakeman, claviériste du groupe Yes, image de Harvey Harrison
- StudioMiramax, première production de la société, distribué par Filmways
- TournageÉtat de New York et Ontario, dans d’anciennes colonies de vacances
- FormatSlasher Video nasty
- SagaAucune suite. Le film reste l’un des rares slashers marquants de la période à n’avoir jamais été décliné en franchise
- Sous-genresSlasher Gore Horreur rurale Culte
- ClassificationAmputé aux États-Unis pour éviter un classement X, au prix de plusieurs plans dont l’absence rend certaines séquences confuses. Au Royaume-Uni, la cassette est sortie intégrale en 1982, à une époque où la vidéo n’était soumise à aucune classification préalable : le film a ensuite été poursuivi au titre de la loi sur les publications obscènes, saisi, et inscrit sur la liste des video nasties. Il faudra attendre les années 2000 pour une version intégrale autorisée outre-Manche.
- DisponibilitéÉditions restaurées de la version intégrale. Nobuo ne référence aucun lien de visionnage.
Contenu sensibleMeurtres à la cisaille de jardin, brûlures, mutilations. Les effets de Tom Savini sont d’un réalisme qui a directement motivé les coupes de la censure américaine.
Une blague de colonie tourne mal : le gardien brûle vif. Cinq ans plus tard, il sort de l’hôpital défiguré et revient là où tout a commencé, avec une cisaille de jardin. Produit par un Harvey Weinstein débutant, ce slasher de commande vaut nettement mieux que sa réputation de copie.
Contexte et genèse du projet
1981 : Vendredi 13 a rapporté une fortune l’année précédente et le slasher devient l’investissement le plus sûr du cinéma américain. Harvey Weinstein produit celui-ci, première production de la société qu’il vient de fonder avec son frère, et cosigne l’histoire. Le point de départ n’est pas seulement commercial : il vient de Cropsey, légende urbaine bien réelle des colonies de vacances de l’État de New York, ce croque-mitaine défiguré qu’on raconte au coin du feu pour effrayer les enfants et qui a longtemps circulé sur Staten Island. Tony Maylam, réalisateur britannique venu du documentaire, met en scène. Le casting, choisi parmi de jeunes inconnus de New York, se révélera rétrospectivement remarquable : Jason Alexander, Holly Hunter et Fisher Stevens y font tous leurs débuts.
Mise en scène et esthétique
Deux noms font la différence. Tom Savini d’abord, qui refuse de travailler sur la suite de Vendredi 13 pour rejoindre ce film, et y livre des effets d’un réalisme sec, sans esthétisation, très éloigné du grand-guignol. Rick Wakeman ensuite, claviériste du groupe Yes, dont la partition électronique dissonante donne au film une identité sonore que peu de slashers de la période possèdent. Maylam, lui, prend le contre-pied du genre en installant l’essentiel de sa tension en plein jour, sous un soleil de colonie de vacances. La première heure compte peu de meurtres et prend le temps d’installer ses personnages, puis le massacre du radeau fait basculer le film en quelques secondes : cinq victimes d’un coup, en plein soleil, sans musique de tension préalable. C’est la séquence qui a fait la réputation du film, et elle reste l’une des ruptures les plus brutales du slasher.
Censure et réception
Aux États-Unis, le film doit être amputé pour éviter le classement X qui l’aurait privé de salles, et certaines coupes rendent des séquences difficiles à suivre. Le parcours britannique mérite une précision souvent omise : la cassette sort intégrale en 1982, à une époque où la vidéo n’est soumise à aucune classification préalable, la loi sur l’enregistrement vidéo n’existant pas encore. C’est ce vide juridique, et non une décision de la commission de classification, qui explique sa disponibilité initiale. Il est ensuite poursuivi au titre de la loi sur les publications obscènes, saisi, et inscrit sur la liste des video nasties, dont il devient l’un des titres les plus recherchés par la police. Une version intégrale ne sera autorisée outre-Manche que dans les années 2000. Le film, sorti dans l’ombre de Vendredi 13, est un échec commercial à sa sortie.
Thématiques et lecture sociologique
Le film reprend la morale punitive du slasher, où l’insouciance et la sexualité adolescentes se paient cash, mais il y ajoute une culpabilité que le genre évite en général. Le monstre n’est pas un mal venu de nulle part : c’est un homme que des adolescents ont brûlé vif pour rire, et les victimes du film ne sont pas celles qui l’ont fait. Une génération paie pour la précédente, sans jamais savoir pourquoi. Le personnage d’Alfred, marginal harcelé par ses camarades, prolonge le motif en montrant que la cruauté de la colonie n’a pas changé d’un été à l’autre. Le film ne développe pas cette idée jusqu’au bout, mais elle suffit à lui donner une épaisseur que la plupart de ses contemporains n’ont pas.
Héritage et influence
Longtemps éclipsé par la franchise Vendredi 13, il a été redécouvert avec les éditions vidéo des années 2000 et se voit désormais régulièrement jugé supérieur à la plupart des épisodes de sa rivale. Il occupe une place particulière dans l’histoire du studio Miramax, dont il constitue la toute première production, quinze ans avant les palmes d’or. Il est aussi l’un des rares slashers marquants de la période à n’avoir jamais donné de suite, ce qui a paradoxalement préservé sa réputation. Cropsey, lui, a fini par sortir de la fiction : la légende a fait l’objet d’un documentaire consacré aux faits divers qui l’ont nourrie sur Staten Island.
Verdict
- À voir siVous aimez le slasher et voulez l’un de ses meilleurs représentants, ou simplement voir Tom Savini et Rick Wakeman au sommet la même année.
- À éviter siLe genre vous ennuie : le film en respecte scrupuleusement les codes et ne cherche pas à les subvertir.
Dans le même registre
- Vendredi 13 (1980) Le modèle commercial dont tout découle
- Maniac (1980) Savini la même année, dans un registre bien plus noir
- Sleepaway Camp (1983) La colonie de vacances poussée jusqu’au malaise
- The Evil Dead (1981) L’autre grand video nasty de la même année
Questions fréquentes
Qui est Cropsey ?
Une légende urbaine des colonies de vacances de l’État de New York : un croque-mitaine défiguré qu’on raconte aux enfants au coin du feu, et qui a longtemps circulé sur Staten Island. Le film s’en empare directement. La légende a depuis fait l’objet d’un documentaire consacré aux faits divers réels qui l’ont nourrie.
Est-ce une copie de Vendredi 13 ?
Le contexte commercial est celui-là, sans discussion. Mais le film s’appuie sur une légende antérieure, sort la même année qu’une autre production de camp de vacances, et se distingue par sa tension diurne et son massacre collectif en plein soleil, absent du modèle. Beaucoup le jugent aujourd’hui supérieur à la plupart des épisodes de la franchise.
Pourquoi la cassette britannique était-elle intégrale ?
Parce qu’en 1982 la vidéo n’était soumise à aucune classification préalable au Royaume-Uni : la loi encadrant le support n’existait pas encore. Ce n’est donc pas une décision de la commission de classification mais un vide juridique. Le film a ensuite été poursuivi au titre de la loi sur les publications obscènes, saisi, et inscrit sur la liste des video nasties.
Quelles célébrités débutent dans ce film ?
Jason Alexander, futur interprète de George dans Seinfeld, Holly Hunter, future oscarisée pour La Leçon de piano, et Fisher Stevens y font tous leurs premiers pas à l’écran. Le film est également la toute première production du studio Miramax.
Qu'est-ce que le massacre du radeau ?
La séquence centrale du film : cinq personnages tués en quelques secondes, en plein jour, sans montée de tension préalable. Elle rompt avec la règle du slasher, qui isole ses victimes une à une, et reste l’une des ruptures les plus brutales du sous-genre. C’est aussi la scène la plus visée par les coupes américaines.
Sources
- Wikipedia, The Burning (production, distribution, censure américaine et britannique).
- It’s Only A Movie, place du film dans la liste des video nasties.
- IMDb, générique complet, versions alternatives et distribution.
- Wikipédia, Carnage (fiche technique française).
- Adam Rockoff, Going to Pieces: The Rise and Fall of the Slasher Film, McFarland, 2002 (ouvrage imprimé).
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