3,75/ 5Note globale

  • Valeur cinématographique3,75
  • Glauque4,50
  • Violent4,75
  • Dérangeant4,50
  • Gore4,50
  • Nudité3,00

La note globale juge la valeur cinématographique de l'oeuvre. Les autres notes mesurent l'intensité, pas la qualité.

Nos notes

  • Globale 3,75. Un premier film fauché mais ambitieux, qui tient sa charge politique sur l’énergie plus que sur la finesse. Il manque parfois d’air entre ses scènes de bravoure.
  • Glauque 4,50. Auberge isolée, mine désaffectée, forêt boueuse. Le décor rural français devient un territoire totalement hostile.
  • Violent 4,75. Continue, frontale, sans répit une fois passée la première demi-heure.
  • Dérangeant 4,50. La froideur eugéniste de la famille, plus que le gore, installe le malaise le plus tenace du film.
  • Gore 4,50. Généreux, sale, revendiqué comme un hommage direct au cinéma d’exploitation des années 70.
  • Nudité 3,00. Ponctuelle, jamais le centre du dispositif.

Vidéos

Frontier(s) (2007) ORIGINAL TRAILER
Frontière(s) (2007) Film Français HD
Official Teaser [Subtitled]

Le film

  • Titre originalFrontière(s)
  • Titres alternatifsFrontier(s) (international)
  • Année2007 Années 2000. Tourné en 2005, présenté au festival d’Agde en 2007, sorti en salles françaises en janvier 2008
  • Durée108 min
  • PaysFrance Suisse
  • LangueFrançais Allemand
  • RéalisateurXavier Gens, premier long métrage, après des débuts comme stagiaire auprès de Ringo Lam, Tsui Hark et John Frankenheimer
  • ScénarioXavier Gens
  • ActeursKarina Testa (Yasmine), Aurélien Wiik (Alex), Samuel Le Bihan (Karl von Geisler), Estelle Lefébure, avec Patrick Ligardes
  • TechniqueImage de Laurent Barès, musique de Jean-Pierre Taïeb, montage de Carlo Rizzo
  • StudioCartel Productions BR Films, distribué par EuropaCorp
  • BudgetEnviron 1,5 million d’euros, tourné en 2005 avant d’attendre deux ans une distribution
  • FormatSlasher Nouvelle extrémité française
  • SagaAucune. Xavier Gens enchaînera avec Hitman pour la Fox, sorti avant ce premier film pourtant tourné plus tôt
  • Sous-genresSlasher Nouvelle extrémité française Gore Horreur rurale
  • ClassificationVisa CNC n° 114426, délivré le 28 décembre 2007, portant interdiction aux mineurs de moins de 16 ans avec avertissement. Le distributeur initialement pressenti, Studio Canal, s’était retiré du projet en jugeant le film trop violent, ce qui a contraint Xavier Gens à tourner les scènes les plus dures en catimini pour conserver l’aval de ses producteurs ; c’est finalement Luc Besson qui a repris la distribution via EuropaCorp, en assumant l’interdiction aux moins de 16 ans. Aux États-Unis, la MPAA lui attribue un NC-17 qui l’exclut de l’anthologie Horrorfest ; le film sort alors seul, sans classification, sur une dizaine d’écrans. Banni en Thaïlande, coupé d’environ trois minutes pour son édition vidéo en Allemagne.
  • DisponibilitéÉditions DVD et Blu-ray, dont une édition française intégrale. Nobuo ne référence aucun lien de visionnage.

Contenu extrêmeLe film contient des scènes de torture et de mutilation prolongées, dont une section de tendon d’Achille, ainsi que des thématiques d’eugénisme et de grossesse forcée. Tout est simulé.

Un candidat d’extrême droite accède au second tour, Paris s’embrase, une bande de jeunes profite du chaos pour un casse qui tourne mal. Direction Amsterdam pour disparaître. L’étape prévue près de la frontière luxembourgeoise est une auberge tenue par une famille de néo-nazis qui n’a jamais renoncé à rien. Premier film de Xavier Gens, tourné pour presque rien et distribué deux ans plus tard grâce à Luc Besson.

Contexte et genèse du projet

Le film est tourné en 2005, avant même l’élection présidentielle de 2007 à laquelle on l’associe souvent à tort. Sa prémisse est une fiction anticipatoire : un candidat d’extrême droite accède au second tour d’une élection présidentielle, ce qui produit un écho direct au choc de 2002, où Jean-Marie Le Pen y était parvenu face à Jacques Chirac, dans un climat de tension urbaine qui rappelle par ailleurs les émeutes de banlieue de l’automne 2005. Xavier Gens, qui a débuté comme stagiaire auprès de Ringo Lam, Tsui Hark et John Frankenheimer avant de réaliser plusieurs courts métrages, en fait son premier long métrage, coproduit avec la Suisse pour un budget très modeste. Une bande de jeunes, Alex, Tom, Farid, Sami et sa sœur Yasmine, enceinte de trois mois, profite des émeutes pour commettre un braquage qui tourne mal, et cherche à fuir vers Amsterdam. C’est en chemin, près de la frontière luxembourgeoise, qu’ils s’arrêtent dans une auberge isolée tenue par la famille von Geisler.

Mise en scène et esthétique

Gens revendique un hommage appuyé à Massacre à la tronçonneuse, jusqu’à une scène de repas final qui en reprend directement la construction, tout en y ajoutant une crasse et une brutalité très européennes, plus proches du grindhouse des années 70 que du glacis numérique alors en vogue. Le film alterne les grandes explosions de violence, filmées caméra à l’épaule et montées nerveusement, et des passages de tension plus posés, notamment dans les galeries d’une mine désaffectée où les personnages se perdent. Les producteurs jugeant le projet trop violent, Gens a dû tourner certaines des scènes les plus dures sans les montrer avant le montage final, pour ne pas risquer l’arrêt du financement.

Censure et réception

Le film obtient son visa d’exploitation le 28 décembre 2007, avec une interdiction aux mineurs de moins de 16 ans assortie d’un avertissement, mais son parcours vers les salles a été long. Le distributeur initialement engagé, Studio Canal, se retire en cours de route, jugeant le film trop violent, laissant la production en difficulté pendant près de deux ans. C’est Luc Besson qui reprend la distribution via EuropaCorp et assume la classification, permettant enfin une sortie en janvier 2008, un an après que Gens a tourné et vu sortir Hitman pour la Fox. Aux États-Unis, la MPAA attribue au film un NC-17 qui l’exclut de l’anthologie Horrorfest à laquelle il était destiné ; il sort alors seul et sans classification sur une dizaine d’écrans, avant une sortie vidéo la semaine suivante. Le film est par ailleurs banni en Thaïlande et amputé d’environ trois minutes pour son édition vidéo en Allemagne.

Thématiques et lecture sociologique

Le film construit une allégorie directe : de jeunes Français issus de l’immigration maghrébine, traqués par la police après les émeutes, tombent entre les mains d’une famille qui pratique la consanguinité pour préserver sa lignée et qui voit dans leurs corps soit une souillure à éliminer, soit un matériau à exploiter de force. La grossesse de Yasmine, évoquée dès l’ouverture du film, devient l’enjeu central du dernier acte, poussant la métaphore jusqu’à son terme le plus explicite. Le message n’a rien de subtil, et le film ne le prétend pas : il s’agit d’une charge frontale contre la résurgence de l’extrême droite en Europe, portée par le glissement du réalisme social de l’ouverture vers l’exagération complète du survival horrifique.

Héritage et influence

Il s’est imposé, aux côtés de Haute Tension et de Martyrs, comme l’un des titres qui ont donné au cinéma de genre français un début de reconnaissance internationale dans les années 2000, souvent classé dans la mouvance de la nouvelle extrémité française. Il a surtout servi de carte de visite à Xavier Gens, qui enchaînera sur des productions américaines de plus grande ampleur. Le tournage compliqué et la distribution retardée du film restent un cas régulièrement cité pour illustrer la difficulté de monter du cinéma de genre ambitieux en France.

Verdict

  • À voir siVous aimez le survival horror sans filtre et voulez un exemple marquant du renouveau du genre français des années 2000.
  • À éviter siVous cherchez de la subtilité. Le film assume une frontalité totale, dans son propos comme dans sa violence.

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Questions fréquentes

Le film reflète-t-il l'élection présidentielle de 2007 ?

Non, malgré la confusion fréquente. Tourné en 2005, avant même cette élection, le film imagine un scénario où l’extrême droite accède au second tour, écho direct au choc réel de 2002 plutôt qu’un reflet du scrutin de 2007. Son point de départ est fictif et anticipatoire.

Pourquoi la sortie a-t-elle été retardée de deux ans ?

Le distributeur initialement engagé, Studio Canal, s’est retiré en jugeant le film trop violent, laissant la production sans distributeur. C’est Luc Besson qui a repris le film via EuropaCorp et accepté d’assumer l’interdiction aux moins de 16 ans, permettant sa sortie en janvier 2008.

Le film a-t-il été interdit aux États-Unis ?

Il a reçu un NC-17 de la MPAA, ce qui l’a exclu de l’anthologie Horrorfest à laquelle il devait appartenir. Plutôt que de couper le film, les distributeurs ont choisi une sortie en salle sans classification, sur une dizaine d’écrans seulement, avant une sortie vidéo immédiate.

Vers quel pays le groupe tente-t-il de fuir ?

Vers les Pays-Bas, Amsterdam étant leur destination annoncée. L’auberge où ils s’arrêtent et où tout bascule se trouve en revanche près de la frontière luxembourgeoise, et non hollandaise.

Est-ce le premier film de Xavier Gens ?

Oui, même si son second film, Hitman, tourné pour la Fox, est sorti avant lui en salle en raison des deux années de retard prises par la distribution de Frontière(s).

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