4,00/ 5Note globale
- Valeur cinématographique4,00
- Glauque4,50
- Violent4,25
- Dérangeant4,75
- Gore4,25
- Nudité1,50
La note globale juge la valeur cinématographique de l'oeuvre. Les autres notes mesurent l'intensité, pas la qualité.
Nos notes
- Globale 4,00. Une ouverture parmi les plus fortes du cinéma japonais contemporain, suivie d’une enquête qui se perd volontairement dans ses propres pistes. Le film déroute plus qu’il ne conclut.
- Glauque 4,50. Quai de gare ordinaire, bureaux de police fluorescents, appartements vides. L’horreur surgit toujours dans un cadre parfaitement banal.
- Violent 4,25. Concentrée sur quelques scènes, dont l’ouverture, mais d’une soudaineté qui ne laisse aucun temps d’adaptation.
- Dérangeant 4,75. Des adolescentes qui se donnent la main et comptent joyeusement avant de sauter : le film tient son malaise sur ce contraste du début à la fin.
- Gore 4,25. Concentré et frontal lors des séquences de suicide collectif, plus suggéré ensuite.
- Nudité 1,50. Anecdotique. Ce n’est pas le terrain du film.
Vidéos
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Le film
- Titre original自殺サークル (Jisatsu Sākuru)
- Titres alternatifsSuicide Club, Suicide Circle. Sans rapport avec le recueil de nouvelles de Robert Louis Stevenson qui porte un titre identique
- Année2001 Années 2000. Première mondiale au festival international du film fantastique de Tokyo le 29 octobre 2001, sortie en salle au Japon le 9 mars 2002
- Durée99 min. Une restauration récente circule en 105 min
- PaysJapon
- LangueJaponais
- RéalisateurSion Sono, poète publié dès l’adolescence et fondateur du collectif de performances de rue Tokyo Gagaga, auteur d’une dizaine de films indépendants avant celui-ci
- ScénarioSion Sono
- ActeursRyo Ishibashi (l’inspecteur Kuroda), Masatoshi Nagase, Akaji Marō, Saya Hagiwara, Mai Hoshō
- TechniqueImage de Kazuto Satō, musique de Tomoki Hasegawa, montage d’Akihiro Oonaga
- StudioOmega Project
- BudgetEnviron 31,6 millions de yens, soit environ 250 000 dollars de l’époque : une production indépendante
- Présentation française14 mars 2003, au festival du film asiatique de Deauville. Le film a surtout circulé en France par le circuit des festivals et de l’édition vidéo, chez Kubik Vidéo puis Kaze, avant un coffret Blu-ray et 4K chez Spectrum Films en édition limitée
- FormatJ-horror Production indépendante
- SagaDevait former une trilogie selon le roman qui prolonge le film. Seul un second volet a vu le jour, Noriko’s Dinner Table (2005), qui se déroule chronologiquement avant les événements de celui-ci
- Sous-genresJ-horror Satire Gore Thriller
- ClassificationLe film n’a pas connu de sortie en salle classique en France : il a d’abord circulé en festival, à Rotterdam dès janvier 2002 puis à Deauville en 2003, avant plusieurs éditions vidéo successives. Il n’a fait l’objet d’aucune interdiction ni d’aucune coupe documentée sur le territoire français.
- DisponibilitéÉditions DVD et Blu-ray françaises, dont une restauration 4K limitée. Nobuo ne référence aucun lien de visionnage.
Contenu sensibleLe film s’ouvre sur un suicide collectif de lycéennes filmé frontalement, puis revient à plusieurs reprises sur des morts violentes, dont certaines volontaires. Cette fiche évoque un sujet sensible : si vous traversez une période difficile, des professionnels peuvent vous écouter et vous aider.
Cinquante-quatre lycéennes se donnent la main sur un quai de gare, comptent joyeusement, et sautent ensemble sous une rame. La police n’y comprend rien, et d’autres suicides collectifs suivent dans tout le pays. Sion Sono ouvre son premier film largement vu à l’étranger sur l’une des scènes les plus commentées du cinéma japonais contemporain, puis refuse obstinément d’en expliquer le sens.
Contexte et genèse du projet
Avant ce film, Sion Sono est déjà poète publié et fondateur d’un collectif de performances de rue, Tokyo Gagaga, et il a tourné une dizaine de longs métrages indépendants restés inédits hors du Japon. Expatrié un temps à San Francisco, où il dit avoir passé plus d’un an à regarder des films de série B et pornographiques à raison de plusieurs par jour, il rentre au Japon en pleine traversée personnelle difficile et écrit dans la foulée un roman et un scénario portant le même titre, sans être capable de dire lequel a précédé l’autre. Le film est présenté en octobre 2001 au festival international du film fantastique de Tokyo avant sa sortie japonaise en salle en mars 2002, avec un budget de production indépendante d’environ 250 000 dollars.
Mise en scène et esthétique
Tout tient dans le contraste de la scène d’ouverture, filmée d’abord comme un simple instantané de gare avant de basculer dans l’horreur la plus frontale. Sono maintient cette dissonance sur tout le film : violence brutale, enquête policière au ton neo-noir, groupe de pop pour adolescentes aux paroles équivoques, et un site internet énigmatique fait de points colorés. Le récit multiplie les pistes sans jamais toutes les refermer, ce qui a valu au film autant d’admirateurs que de détracteurs frustrés par ses zones volontairement laissées dans l’ombre. La construction doit une partie de sa réputation à la comparaison avec Cure de Kiyoshi Kurosawa, dont il partage la structure d’enquête sur une série de morts inexplicables, mais Sono y ajoute une saturation graphique et une touche pop que Kurosawa s’interdisait.
Censure et réception
En France, le film n’a jamais connu de sortie en salle classique : sa première présentation publique date du 14 mars 2003, au festival du film asiatique de Deauville, après un passage remarqué par le festival de Rotterdam dès janvier 2002. Sa diffusion s’est ensuite faite presque exclusivement par la vidéo, d’abord chez Kubik Vidéo puis chez Kaze, avant une réédition en 4K limitée chez Spectrum Films des décennies plus tard. Aucune interdiction ni coupe n’est documentée sur le territoire français. Le film a par ailleurs suscité, au Japon comme ailleurs, des débats sur la représentation du suicide à l’écran et le risque d’effet d’imitation associé à sa mise en scène spectaculaire, débat qui traverse plus largement les études sur la couverture médiatique du suicide, sans qu’aucune mesure de retrait ou de diffusion restreinte ne soit clairement établie pour ce titre précis.
Thématiques et lecture sociologique
Le film s’inscrit dans le Japon de la décennie perdue, marqué par la stagnation économique, la pression scolaire et un taux de suicide durablement élevé chez les jeunes. Sono ne cherche pas à expliquer ce taux par une cause unique : il met en scène une contamination sans agent identifiable, où internet, la pop culture et la pression du groupe se substituent à toute explication psychologique individuelle. Le décalage permanent entre la douceur des victimes, leur jeunesse, leurs sourires, et la violence de leurs actes, empêche toute lecture rassurante. Le film ne prétend à aucun moment détenir une réponse, ce qui a nourri autant son admiration que son rejet critique.
Héritage et influence
C’est le film qui a fait connaître Sion Sono hors du Japon, après une dizaine de longs métrages restés confidentiels. Il a ouvert la voie à une carrière prolifique et versatile, jusqu’à la reconnaissance internationale de films ultérieurs comme Love Exposure. Le roman qu’il en a tiré, publié en 2002, prolonge l’intrigue à l’échelle mondiale et devait initialement former une trilogie avec un troisième film jamais réalisé ; seul Noriko’s Dinner Table, sorti en 2005, en constitue le second volet, situé chronologiquement avant les événements de celui-ci et considéré par une partie de la critique comme supérieur à l’original.
Verdict
- À voir siVous cherchez l’une des ouvertures les plus fortes du cinéma japonais contemporain, et acceptez qu’un film pose des questions sans y répondre.
- À éviter siLe sujet du suicide vous touche personnellement. Le film y revient à plusieurs reprises et sans avertissement.
Dans le même registre
- Audition (1999) L’autre grand piège de mise en scène japonais de la période
- Visitor Q (2001) La même année, la même satire d’une société japonaise à bout
- Ichi the Killer (2001) Le même Japon extrême, poussé du côté du yakuza
- Tumbling Doll of Flesh (1998) Le versant sans mise en scène du même malaise
Questions fréquentes
Le film a-t-il été censuré en France ?
Non, aucune interdiction ni coupe n’est documentée. Il n’a en revanche jamais connu de sortie en salle classique : sa première présentation française remonte au festival de Deauville en mars 2003, et sa diffusion s’est faite ensuite presque exclusivement par la vidéo.
Le titre a-t-il un rapport avec Robert Louis Stevenson ?
Aucun sur le plan de l’intrigue. Stevenson a écrit au XIXe siècle un recueil de nouvelles intitulé Le Club du suicide, qui a inspiré plusieurs films sans rapport avec celui-ci. Le roman que Sion Sono a tiré de son propre film y fait allusion, mais les deux œuvres n’ont pas de lien scénaristique.
Faut-il voir Noriko's Dinner Table avant ou après ?
Le film de 2005 se déroule chronologiquement avant les événements de celui-ci, mais il a été tourné et sorti après. Beaucoup de spectateurs le découvrent en second malgré cette antériorité narrative, et une partie de la critique le considère supérieur à l’original.
Le film explique-t-il la cause des suicides ?
Non, et c’est un choix assumé. Sion Sono multiplie les pistes, le site internet énigmatique, le groupe de pop, une organisation mystérieuse évoquée dans le roman qui prolonge le film, sans jamais en refermer une seule de façon définitive. C’est le principal reproche qui lui est adressé, autant que l’une de ses qualités selon les spectateurs.
Était-ce le premier film de Sion Sono ?
Non, il avait déjà réalisé une dizaine de longs métrages indépendants au Japon, restés inédits à l’étranger. C’est le premier à lui avoir valu une reconnaissance internationale, à la faveur des festivals de Rotterdam puis de Deauville.
Sources
- Wikipédia, Suicide Club (genèse, présentation à Deauville, roman de 2002).
- Wikipedia, Suicide Club (fiche technique, budget, dates de sortie).
- Dark Side Reviews, parcours de Sion Sono et contexte social japonais du film.
- Japan on Film, comparaison avec Cure de Kiyoshi Kurosawa.
- Wikipedia, Suicide Circle: The Complete Edition (roman et projet de trilogie).
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