3,25/ 5Note globale

  • Valeur cinématographique3,25
  • Glauque4,50
  • Violent4,25
  • Dérangeant4,50
  • Gore4,00
  • Nudité2,75

La note globale juge la valeur cinématographique de l'oeuvre. Les autres notes mesurent l'intensité, pas la qualité.

Nos notes

  • Globale 3,25. Un portrait de tueur sincère et bien joué, dont la seconde moitié s’affaisse nettement. Il vaut par sa première heure et par une séquence que personne n’oublie.
  • Glauque 4,50. Maison sombre encombrée d’objets, chambre d’acier au sous-sol, incinérateur d’usine. Le film ne quitte jamais l’atmosphère d’un intérieur qui pourrit.
  • Violent 4,25. Peu de meurtres, mais filmés en une seule séquence longue et sans échappatoire. C’est la durée, plus que la fréquence, qui fait la charge.
  • Dérangeant 4,50. Le film reste au plus près d’un homme détruit par des violences infligées dans l’enfance, et refuse de trancher entre le monstre et la victime.
  • Gore 4,00. Effets de brûlure d’un réalisme frappant pour le budget, concentrés sur une unique séquence d’immolation.
  • Nudité 2,75. Une seule scène, entièrement liée à la mise à mort, et c’est précisément elle qui a motivé toutes les interdictions.

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Le film

  • Titre originalDon’t Go in the House
  • Titres alternatifsThe Burning (titre de travail), sans rapport avec le film homonyme de 1981
  • Année1979 Années 80. Tournage achevé en février 1979, sortie en salle en 1980
  • Durée82 min pour la version d’exploitation. Il existe un montage télévisé de 90 minutes et une version intégrale de 92 minutes
  • PaysÉtats-Unis
  • LangueAnglais
  • RéalisateurJoseph Ellison, qui n’aura tourné que deux longs métrages en tout
  • ScénarioJoseph Ellison, Ellen Hammill et Joe Masefield
  • ActeursDan Grimaldi (Donny Kohler), Charles Bonet (Ben), Robert Osth (Bobby), Ruth Dardick (la mère), Bill Ricci
  • TechniqueMusique de Richard Einhorn, image d’Oliver Wood
  • StudioProduction indépendante, distribuée aux États-Unis par Film Ventures International
  • FormatExploitation Video nasty
  • SagaAucune. Joseph Ellison ne réalisera ensuite qu’un seul autre film, Joey, en 1986
  • Sous-genresPortrait de tueur Horreur urbaine Slasher Gore
  • ClassificationAmputé d’environ trois minutes pour obtenir un visa X au Royaume-Uni en novembre 1980. Son distributeur vidéo a ensuite édité la version intégrale en 1982, en la vendant sur l’étiquette d’un authentique nasty : le film s’est retrouvé sur la liste du Director of Public Prosecutions en juillet 1983. Retiré de la liste à condition que seule la version coupée soit commercialisée, réédité en 1987 avec 3 minutes 5 de coupes, il n’a été autorisé intégralement au Royaume-Uni qu’en 2012, trente-deux ans après.
  • DisponibilitéRestaurations récentes proposant les trois montages connus. Nobuo ne référence aucun lien de visionnage.

Contenu extrêmeLe film contient une séquence d’immolation prolongée, filmée sur une victime nue et immobilisée, ainsi que des évocations répétées de maltraitance infantile par le feu. C’est la scène la plus poursuivie de toute la liste des video nasties britanniques.

Donny Kohler travaille dans un incinérateur. Il rentre un soir et trouve sa mère morte. Libéré de celle qui lui brûlait les bras pour le purifier, il tapisse une pièce de plaques d’acier, se procure un lance-flammes, et commence à inviter des femmes. Le film ne cherche jamais à faire de lui un monstre, et c’est ce qui le rend irrespirable.

Contexte et genèse du projet

Joseph Ellison tourne son premier long métrage en 1979, entre New York et le New Jersey, avec les moyens d’une production totalement indépendante. Le film s’inscrit dans la filiation de Psychose, dont il reprend la mère morte, la maison et le fils resté enfant, mais il l’installe dans une Amérique ouvrière contemporaine, celle des usines et des pavillons décrépits. Après une projection décevante devant un distributeur, Ellison ampute lui-même son montage d’une vingtaine de minutes, ramenant le film à un peu plus de quatre-vingts minutes. Il sort en 1980, en plein essor du slasher et en pleine offensive contre les films d’horreur accusés de misogynie. Le rôle principal revient à Dan Grimaldi, comédien inconnu qui deviendra bien plus tard un visage familier de la série Les Soprano, où il tiendra le rôle des frères Parisi.

Mise en scène et esthétique

Ellison ne cherche ni le rythme ni le suspense du slasher. Il filme la solitude, l’appartement encombré, les gestes répétitifs, le silence d’un homme qui parle à sa mère morte, et la caméra reste sur lui bien après le moment où un film de genre serait passé à autre chose. Cette lenteur mélancolique est portée par Dan Grimaldi, dont la composition évite à la fois le cabotinage et la froideur, et qui donne au personnage une gaucherie touchante rendant la suite d’autant plus insupportable. La séquence d’immolation, unique dans le film, tranche brutalement avec ce régime : effets de brûlure d’un réalisme que le budget ne laissait pas espérer, durée étirée, absence totale de musique. Elle a fait la réputation du film et sa condamnation. La seconde moitié, elle, s’affaisse : les visions, la boîte de nuit et le dénouement surnaturel diluent ce que la première partie avait construit.

Censure et réception

Le parcours britannique est un cas d’école de censure autoprovoquée. Le film obtient un visa X en novembre 1980 au prix d’environ trois minutes de coupes. Son distributeur vidéo édite ensuite, en 1982, la version intégrale, et la vend en la présentant explicitement comme un authentique nasty : autant dire qu’il désigne lui-même sa cassette aux autorités. Le film rejoint la liste du Director of Public Prosecutions en juillet 1983, en est retiré à condition que seule la version coupée circule, puis est réédité en 1987 avec 3 minutes 5 de coupes. Il faudra attendre 2012 pour une autorisation intégrale outre-Manche, trente-deux ans après sa sortie. Aux États-Unis, il paraît en plein débat sur la violence faite aux femmes à l’écran et suscite une hostilité comparable à celle de Maniac, tout en recevant quelques critiques respectueuses.

Thématiques et lecture sociologique

Le sujet réel est la reproduction de la violence. Donny a été brûlé par sa mère au nom d’une purification, et il brûle à son tour au nom de la même logique : le film montre un homme qui n’a jamais eu accès à d’autre grammaire que celle qu’on lui a infligée. Le feu y est à double tranchant, instrument du supplice subi et seul outil disponible pour tenter d’y échapper. Ce qui distingue le film de ses contemporains, c’est son refus de choisir entre le monstre et la victime : Donny reste les deux d’un bout à l’autre, sans que la mise en scène n’excuse quoi que ce soit. En creux, il montre aussi une société sans aucun dispositif pour repérer ni soigner un homme dans cet état, thème que le cinéma américain de la période a traité à répétition, presque toujours par la fiction d’horreur.

Héritage et influence

Il reste dans l’ombre de Maniac, sorti l’année suivante et bâti sur un principe voisin, mais il fait partie des titres les plus reconnus de la liste des video nasties, souvent cité comme le plus authentiquement dérangeant de la série des films dont le titre commence par un avertissement. Sa réévaluation est venue tardivement, avec les éditions vidéo restaurées des années 2010 et l’autorisation britannique de 2012. Joseph Ellison, lui, n’aura tourné qu’un seul autre film. Dan Grimaldi, longtemps enseignant en mathématiques en parallèle de sa carrière d’acteur, est aujourd’hui bien plus connu pour la télévision que pour ce rôle, ce qui lui vaut une seconde vie inattendue auprès des spectateurs qui découvrent le film par ce biais.

Verdict

  • À voir siLe portrait de tueur vous intéresse davantage que la traque, et si vous voulez l’un des video nasties les plus sincères de la liste.
  • À éviter siLa maltraitance infantile ou les brûlures vous sont difficiles. La séquence centrale est longue, frontale, et il n’y a aucune ellipse.

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Questions fréquentes

Pourquoi le film a-t-il été interdit au Royaume-Uni ?

Pour une seule séquence : l’immolation d’une victime nue et immobilisée, jugée complaisante par les autorités. Le film avait déjà été coupé d’environ trois minutes pour son visa de 1980, mais son distributeur vidéo a édité la version intégrale en 1982 en la vendant explicitement comme un authentique nasty, ce qui l’a désignée aux poursuites.

Quand a-t-il été autorisé intégralement ?

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Combien de versions existe-t-il ?

Trois montages sont connus : la version d’exploitation d’environ 82 minutes, un montage télévisé de 90 minutes comportant des scènes alternatives, et une version intégrale de 92 minutes. Le réalisateur avait lui-même retiré une vingtaine de minutes après une projection décevante devant un distributeur.

Où a-t-on déjà vu l'acteur principal ?

Dan Grimaldi est devenu bien plus connu pour la télévision : il tient le rôle des frères Parisi dans la série Les Soprano. Beaucoup de spectateurs découvrent ce film par ce biais, des décennies après sa sortie.

Le film est-il vraiment un héritier de Psychose ?

Dans sa structure, oui : la mère morte dont on n’a pas fait le deuil, la maison familiale, le fils resté enfant. Mais il déplace le motif dans une Amérique ouvrière contemporaine et remplace le mystère hitchcockien par une exposition frontale des violences subies dans l’enfance.

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