À l’intérieur
2007 France Julien Maury & Alexandre Bustillo Home invasion Nouvelle extrémité française Gore
4,25/ 5Note globale
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Contenu extrêmeLe film met en scène l’agression prolongée d’une femme enceinte au terme de sa grossesse, avec des images de fausse couche évoquées. Tout est simulé, mais le film ne détourne jamais le regard.
Sarah doit accoucher le lendemain matin. Elle passe donc son réveillon de Noël seule, dans son pavillon, pendant qu’au-dehors les émeutes de banlieue continuent de gronder. Une femme vêtue de noir frappe à sa porte, une paire de ciseaux à la main, et ne repartira pas avant d’avoir obtenu ce qu’elle est venue chercher. Premier film d’un duo de cinéphiles purs et durs, tourné pour presque rien et devenu culte après coup.
Alexandre Bustillo, journaliste pour le magazine Mad Movies et projectionniste de métier, et Julien Maury, passé par la réalisation de making-of pour la télévision et de courts métrages, se rencontrent par des amis communs cinéphiles. Bustillo écrit le scénario tout en développant un autre projet, un thriller se déroulant dans un parking ; les deux réalisateurs choisissent finalement de porter ensemble à l’écran cette histoire de femme enceinte assiégée chez elle la nuit de Noël. Le tournage a lieu en 2006 dans les Yvelines, et le film est présenté en Semaine de la critique avant sa sortie en salle. Les auteurs situent leur histoire quatre mois après un accident de la route qui a tué le mari de Sarah, et choisissent d’inscrire le tout sur fond d’émeutes urbaines, un choix de mise en scène qui n’est pas sans poser un problème de cohérence temporelle : les véritables émeutes de l’automne 2005, dont le film s’inspire directement, s’étaient éteintes bien avant la mi-décembre, une liberté que les auteurs ont assumée pour faire coïncider le chaos extérieur avec la date de naissance symbolique de l’enfant.
Le film est un modèle de gestion de l’espace clos : une poignée de pièces suffisent à Maury et Bustillo pour construire une heure vingt d’oppression continue, chaque recoin du pavillon devenant tour à tour un refuge puis un piège. La lumière nocturne, la photographie de Laurent Barès et des effets pratiques d’un réalisme redouté transforment progressivement les murs blancs en surface maculée. La confrontation entre Sarah et la Femme, jouée par une Béatrice Dalle habitée, ne connaît aucun répit une fois lancée, et le film assume une surenchère de violence que très peu de productions françaises avaient osée jusque-là. Les personnages secondaires, policiers et proches venus au secours de Sarah, souffrent en revanche d’une écriture plus sommaire, uniquement destinée à alimenter le compteur de victimes.
En France, le film obtient une interdiction aux mineurs de moins de 16 ans avec avertissement, la même mention que recevra Martyrs l’année suivante, mais sans provoquer de bataille de classification comparable. Sa vraie difficulté a été commerciale : sorti sur seulement 110 écrans le 13 juin 2007, il doit affronter la sortie du même jour de Shrek le troisième, ce qui limite considérablement sa visibilité malgré des critiques globalement enthousiastes. Sa carrière internationale change la donne : repris aux États-Unis par le label Dimension Extreme, salué en festival, le film devient une référence citée aux côtés de Haute Tension, de Frontière(s) et du Martyrs à venir comme fer de lance de ce que la presse anglophone baptise le New French Extremity. Le réalisateur d’horreur Clive Barker choisit à cette occasion Bustillo et Maury pour réaliser un remake de son propre Hellraiser, projet finalement resté sans suite sous leur direction.
Le film désacralise deux refuges à la fois : le foyer familial et le corps de la mère porteuse de vie. La maison de Sarah, censée la protéger du chaos extérieur, devient le lieu même de sa mise à mort annoncée, et son ventre, symbole absolu de la vie à venir, devient l’enjeu d’une lutte à mort. La Femme n’est pas une figure du mal sans raison : le film révèle progressivement qu’elle est liée à l’accident qui a coûté la vie au mari de Sarah, et qu’elle a elle-même perdu un enfant dans ce même choc, faisant de sa traque une tentative désespérée et monstrueuse de remplacement. Le film met ainsi en miroir deux deuils irréconciliables, dont un seul peut survivre à l’autre.
Longtemps snobé par sa sortie française confidentielle, le film est aujourd’hui unanimement cité comme l’un des sommets du renouveau horrifique français des années 2000, aux côtés de Martyrs et de Frontière(s). Il a lancé la carrière de Julien Maury et Alexandre Bustillo, qui enchaîneront notamment sur Livide, une incursion malheureuse dans le remake américain avec Leatherface, puis un retour réussi avec Kandisha et The Deep House. Un remake international, également titré Inside, est sorti en 2016 sans retrouver l’impact du film d’origine. Le tournage de Tahar Rahim et de Nicolas Duvauchelle en simples figurants policiers, quelques années avant qu’ils ne deviennent des noms du cinéma et de la télévision français, reste une curiosité que les cinéphiles se plaisent à repérer.
Pas tout à fait, et c’est un choix assumé des réalisateurs. Les émeutes urbaines réelles de l’automne 2005, dont le film s’inspire, s’étaient éteintes avant la mi-décembre. Bustillo et Maury ont pris cette liberté temporelle pour faire coïncider le chaos extérieur avec le réveillon de Noël et la naissance à venir de l’enfant.
Il est sorti sur seulement 110 écrans le 13 juin 2007, le même jour que Shrek le troisième, ce qui a considérablement limité sa visibilité. Son public s’est constitué après coup, en vidéo et à l’international, où il est devenu culte bien plus rapidement qu’en France.
Impressionné par le film, l’auteur et réalisateur britannique a choisi Julien Maury et Alexandre Bustillo pour réaliser un remake de son propre Hellraiser. Le projet a finalement été abandonné sous leur direction et n’a jamais vu le jour sous cette forme.
Deux comédiens y tiennent de petits rôles avant leur reconnaissance : Tahar Rahim, avant son rôle marquant dans Un prophète en 2009, et Nicolas Duvauchelle, plus tard révélé par la série Braquo, qui avait déjà tourné aux côtés de Béatrice Dalle dans Trouble Every Day.
Le film révèle progressivement qu’elle était impliquée dans l’accident de voiture qui a tué le mari de Sarah, et qu’elle y a elle-même perdu son propre enfant à naître. Sa traque est une tentative désespérée de remplacer cette perte par celui de Sarah.
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