4,25/ 5Note globale

  • Valeur cinématographique4,25
  • Glauque4,25
  • Violent4,50
  • Dérangeant4,75
  • Gore3,75
  • Nudité1,50

La note globale juge la valeur cinématographique de l'oeuvre. Les autres notes mesurent l'intensité, pas la qualité.

Nos notes

  • Globale 4,25. Un survival d’une efficacité redoutable, porté par deux interprètes au sommet et un antagoniste terrifiant de crédibilité. Le film paie parfois sa démonstration par un systématisme un peu appuyé.
  • Glauque 4,25. Une carrière inondée promise à un lotissement, une forêt anglaise en plein été. Le futur chantier immobilier rend le décor doublement hostile.
  • Violent 4,50. Continue à partir du milieu du film, méthodique, jamais chorégraphiée pour le plaisir.
  • Dérangeant 4,75. Des adolescents comme bourreaux, une escalade qui part d’un simple chien mort, et une fin qui referme la porte sur tout espoir de justice.
  • Gore 3,75. Sec et frontal plutôt que généreux, concentré sur quelques plans qui suffisent largement.
  • Nudité 1,50. Anecdotique. Ce n’est pas le terrain du film.

Vidéos

Official Trailer HD
Eden Lake (2008) Original Trailer [FHD]
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Le film

  • Titre originalEden Lake
  • Titres alternatifsEden Lake, titre identique en France
  • Année2008 Années 2000. Présenté au marché du film de Cannes le 15 mai 2008, sorti en septembre 2008 au Royaume-Uni et le 8 octobre 2008 en France
  • Durée91 min
  • PaysRoyaume-Uni
  • LangueAnglais
  • RéalisateurJames Watkins, premier long métrage comme réalisateur, mais déjà scénariste de deux films d’horreur inédits en France, My Little Eye (2002) et Gone (2007)
  • ScénarioJames Watkins, qui a financé lui-même un court métrage de démonstration pour convaincre les producteurs de le laisser réaliser son propre scénario
  • ActeursKelly Reilly (Jenny), Michael Fassbender (Steve, déjà présent dans le court métrage préparatoire), Jack O’Connell (Brett), Thomas Turgoose (Cooper), Finn Atkins (Paige), avec Jumayn Hunter
  • TechniqueImage de Christopher Ross, musique de David Julyan, montage de Jon Harris, monteur du Descent
  • StudioRollercoaster Films Pathé Pictures International, distribué en France par La Fabrique de Films
  • BudgetEnviron 2 millions de dollars
  • RécompensesThomas Turgoose distingué par le Cercle des critiques de cinéma de Londres pour sa performance
  • FormatSurvival Hoodie horror
  • SagaAucune suite. James Watkins enchaînera avec La Dame en noir en 2012
  • Sous-genresSurvival Hoodie horror Horreur rurale Thriller
  • ClassificationEn France, sortie le 8 octobre 2008 avec une interdiction aux mineurs de moins de 16 ans. Au Royaume-Uni, la BBFC lui a accordé une classification 18 sans coupe significative malgré des scènes de violence sadique prolongée. En Allemagne en revanche, la version vidéo a été amputée d’environ deux minutes pendant plus d’une décennie pour obtenir un visa, la version intégrale n’ayant été validée qu’en 2022.
  • DisponibilitéÉditions DVD et Blu-ray intégrales. Nobuo ne référence aucun lien de visionnage.

Contenu sensibleLe film met en scène la torture et le meurtre d’adultes par un groupe de mineurs, dont une scène prolongée de sévices filmée par les agresseurs eux-mêmes. Tout est simulé.

Steve emmène Jenny passer le week-end au bord d’un lac qu’il fréquentait enfant, avec l’intention de la demander en mariage. Le lac est en réalité une carrière promise à un lotissement, et une bande d’adolescents du coin n’a pas l’intention de laisser un chien mort sans réponse. James Watkins signe un survival anglais d’une froideur méthodique, qui a fait de lui l’un des repères du genre au Royaume-Uni.

Contexte et genèse du projet

Avant de réaliser, James Watkins avait déjà écrit deux scénarios d’horreur restés inédits en France, My Little Eye et Gone. Le déclic du projet vient d’un incident personnel : frappé un jour dans la rue par deux adolescentes qui passaient, sans raison apparente, il reste tellement saisi par la question de savoir s’il doit réagir qu’elles ont disparu avant qu’il n’ait bougé. Cette interrogation sur la réaction face à une agression gratuite devient le point de départ du scénario. Les producteurs voulaient confier la réalisation à quelqu’un d’autre ; Watkins finance alors lui-même un court métrage de démonstration, avec Michael Fassbender déjà dans le rôle de Steve, pour prouver qu’il pouvait tenir la caméra. Convaincus, ils lui donnent carte blanche pour le long métrage, tourné avec un budget très modeste.

Mise en scène et esthétique

Watkins revendique l’influence de Délivrance de John Boorman et des Chiens de paille de Sam Peckinpah plutôt que celle du cinéma de torture alors en vogue, et le dit explicitement : il voulait une horreur basique, connectée à la société, sans monstre. Le film se déroule en grande partie en plein jour, sous une lumière d’été qui ne laisse aucune ombre où se réfugier, et la caméra suit au plus près la dégradation physique du couple. Le dispositif est d’une efficacité qui doit beaucoup au montage de Jon Harris, monteur du Descent, et à une direction d’acteurs qui rend Jack O’Connell, dans le rôle de Brett, aussi terrifiant qu’un adulte pourrait l’être. Le film assume aussi son systématisme, enchaînant les obstacles avec une rigueur presque mécanique qui a pu lasser une partie de la critique.

Censure et réception

En France, le film sort le 8 octobre 2008 avec une interdiction aux mineurs de moins de 16 ans, sans provoquer de polémique de classification comparable à celle de Martyrs l’année suivante. Au Royaume-Uni, la BBFC lui accorde une classification 18 sans coupe notable, malgré des scènes de terrorisation prolongée et de violence sadique détaillées dans son propre rapport. La censure la plus concrète est venue d’Allemagne, où la version vidéo a circulé amputée d’environ deux minutes pendant plus de dix ans avant qu’une version intégrale ne soit enfin validée en 2022. La vraie controverse du film n’a jamais été une affaire de classification : une partie de la critique britannique lui a reproché de nourrir la panique médiatique autour des jeunes en sweat à capuche et le discours de la Broken Britain, l’accusant de complaisance envers les préjugés de la presse populaire plutôt que de les interroger.

Thématiques et lecture sociologique

Le film s’inscrit dans un climat britannique précis, celui des années 2000 marquées par l’inquiétude médiatique autour de la délinquance juvénile et du symbole du sweat à capuche. Le choix du décor, une carrière inondée promise à un projet immobilier haut de gamme, inscrit d’emblée le conflit dans une logique de classe et de disparition d’un territoire pour ceux qui y vivaient avant sa transformation. Le film ne présente cependant jamais les adolescents comme des victimes du système : il les montre reproduisant une violence apprise, sans offrir d’excuse ni de rédemption, et referme son récit sur une absence totale de recours, les adultes de la communauté se révélant aussi complices que leurs enfants. C’est cette noirceur intégrale, refusant toute échappatoire morale, qui a le plus divisé la critique.

Héritage et influence

Le film est devenu la référence du hoodie horror britannique, sous-genre qu’il a contribué à définir aux côtés de quelques titres contemporains, et un jalon régulièrement cité de l’horreur anglaise des années 2000, dans la filiation revendiquée de Délivrance. Il a marqué une étape dans la carrière naissante de Michael Fassbender, alors encore loin du statut qu’il allait acquérir l’année suivante, et confirmé Kelly Reilly comme une actrice capable de porter un film entier. James Watkins poursuivra avec des productions plus grand public, dont La Dame en noir puis la série McMafia, sans jamais retrouver la dureté sèche de ce premier film.

Verdict

  • À voir siVous cherchez un survival réaliste sans concession, filmé en plein jour et sans monstre, dans la lignée de Délivrance.
  • À éviter siUne fin totalement dépourvue d’espoir ou de justice vous est difficile à supporter. C’est le parti pris assumé du film jusqu’au bout.

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Questions fréquentes

Le film a-t-il été censuré au Royaume-Uni ?

Non, contrairement à une idée reçue. La BBFC lui a accordé une classification 18 sans coupe significative. La controverse britannique portait sur le fond, l’accusation de nourrir la panique médiatique autour de la jeunesse en sweat à capuche, pas sur la forme.

Qu'est-ce que le hoodie horror ?

Un sous-genre du cinéma d’horreur britannique des années 2000, qui exploite l’inquiétude sociale autour de la délinquance juvénile symbolisée par le sweat à capuche. Eden Lake en est devenu la référence, aux côtés de quelques autres titres contemporains.

Pourquoi Michael Fassbender jouait-il déjà ce rôle avant le film ?

Parce que James Watkins a financé lui-même un court métrage de démonstration pour convaincre les producteurs de le laisser réaliser son propre scénario plutôt que de le confier à un autre metteur en scène. Fassbender y tenait déjà le rôle de Steve, repris ensuite dans le long métrage.

Le lac du titre existe-t-il vraiment ?

Le lieu du film est une carrière inondée que le scénario destine à un projet immobilier de standing, ce qui inscrit directement le conflit entre les personnages dans une logique de disparition d’un territoire pour ceux qui l’occupaient auparavant.

Le film a-t-il été accusé de mépris de classe ?

Oui, c’est le reproche le plus constant qui lui est fait. Plusieurs critiques britanniques l’ont accusé de caricaturer les classes populaires et de flatter les peurs relayées par la presse tabloïd sur la jeunesse, plutôt que d’en proposer une analyse. Le film ne s’en défend pas vraiment, ce qui alimente le débat encore aujourd’hui.

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