Haute Tension
2003 France Alexandre Aja Slasher Nouvelle extrémité française Gore
2003 France Alexandre Aja Slasher Nouvelle extrémité française Gore
3,75/ 5Note globale
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Contenu extrêmeDécapitation, égorgement, meurtre d’un enfant au fusil de chasse, dans les premières minutes du film. Tout est simulé, mais rien n’en est atténué.
Marie accompagne Alex réviser leurs examens dans la ferme isolée de ses parents. La première nuit, une camionnette s’arrête devant la maison. L’homme qui en descend ne prononce pas un mot avant de décapiter le père d’Alex. Alexandre Aja signe un survival qui revendique l’héritage du slasher américain des années 70 et 80, et referme son film sur un retournement resté l’un des plus discutés du genre.
Alexandre Aja, fils du réalisateur Alexandre Arcady, a grandi sur les tournages de son père, d’abord comme jeune comédien puis comme assistant à la mise en scène. Avec Grégory Levasseur, ami rencontré au lycée, il écrit ce scénario en revendiquant une envie précise : refuser l’ironie qui gouvernait alors une grande partie du cinéma d’horreur pour retourner à un survival pris au premier degré, dans l’esprit d’Evil Dead, de Massacre à la tronçonneuse ou de Halloween. Luc Besson, séduit par le scénario, finance le projet via EuropaCorp pour 2,5 millions d’euros et laisse les deux auteurs largement libres, le studio étant alors occupé par un tournage autrement plus coûteux, celui du remake de Fanfan la Tulipe. Le tournage se déroule en Roumanie, à Bucarest et aux studios Mediapro Pictures, par des températures nocturnes très basses que Cécile de France et Maïwenn affrontent le plus souvent pieds nus et en tenue légère.
Aja construit un ballet de suspense d’une precision chirurgicale, porté par la conception sonore qui amplifie chaque craquement de la maison, et par les effets de Giannetto De Rossi, figure historique du cinéma d’exploitation italien passée par les plateaux de Fulci. Cécile de France a effectué elle-même l’essentiel de ses cascades automobiles, entraînée pendant deux mois par un ancien champion de boxe thaïlandaise. Le film assume une filiation revendiquée avec le cinéma d’horreur américain des origines plutôt qu’avec ses relectures ironiques des années 90, choix qui explique sa réputation de retour aux sources du genre.
En France, le film obtient une interdiction aux moins de 16 ans sans provoquer de polémique de classification, mais son accueil commercial reste modeste et la critique française est partagée. C’est à l’international, aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Canada, que le film rencontre son plus grand succès, critique autant que commercial, une trajectoire inverse de celle qu’on lui prête souvent. La MPAA lui attribue d’abord un NC-17, ce qui est rare pour un pur film d’horreur, contraignant le distributeur à retirer quelques secondes pour obtenir un visa R. C’est ce succès nord-américain, plus que sa carrière française, qui a ouvert à Alexandre Aja les portes d’Hollywood.
Le film ne prend son sens complet qu’à la lumière de sa dernière partie, où l’on découvre que le tueur est une projection de Marie elle-même, dont le désir refoulé pour Alex a fait naître une identité meurtrière séparée. La scène d’ouverture, longtemps prise pour le début chronologique du récit, se révèle être un rêve prémonitoire de Marie, procédé qui a valu au film autant d’admirateurs que de détracteurs pointant des incohérences de mise en scène révélées par ce twist. Le film déplace ainsi la menace de l’extérieur vers l’intérieur d’une conscience qui ne parvient pas à intégrer ses propres pulsions, plutôt que de proposer une simple traque entre une victime et un tueur extérieur à elle.
Le film est devenu, aux côtés d’Ils, de Frontière(s) et de Calvaire, l’un des titres qui ont donné au cinéma d’horreur français des années 2000 une reconnaissance internationale inédite, souvent rattaché à l’étiquette de nouvelle extrémité française, terme d’abord forgé par la critique anglophone pour un cinéma d’auteur plus large et plus ancien, de Gaspar Noé à Catherine Breillat, avant d’être étendu au genre horrifique dont ce film est l’un des représentants les plus cités. Il a ouvert à Alexandre Aja une carrière hollywoodienne entamée avec le remake de La Colline a des yeux, et fait de Franck Khalfoun, simple pompiste dans le film, le futur réalisateur du remake de Maniac avec Elijah Wood.
Non, c’est son second long métrage, après Furia en 1999, adaptation d’une nouvelle de Julio Cortázar. C’est en revanche son premier film d’horreur, genre qu’il ne quittera plus par la suite.
Non, il a obtenu une interdiction aux moins de 16 ans sans polémique particulière. C’est aux États-Unis que la classification a posé problème, avec un NC-17 initial nécessitant des coupes pour obtenir un visa R.
Pour des raisons de budget, comme plusieurs productions françaises de genre de la même période, dont Ils. Le tournage s’est déroulé à Bucarest et aux studios Mediapro Pictures, en pleine nuit et par grand froid.
À l’étranger, nettement. Son succès commercial et critique en France est resté modeste ; c’est aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Canada qu’il a rencontré son plus grand accueil, ouvrant à Alexandre Aja une carrière hollywoodienne.
Il joue Jimmy, le pompiste de la station-service. Il deviendra plus tard réalisateur à son tour, signant notamment le remake de Maniac avec Elijah Wood en 2012.
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