4,00/ 5Note globale

  • Valeur cinématographique4,00
  • Glauque4,75
  • Violent4,00
  • Dérangeant4,50
  • Gore4,25
  • Nudité4,50

La note globale juge la valeur cinématographique de l'oeuvre. Les autres notes mesurent l'intensité, pas la qualité.

Nos notes

  • Globale 4,00. Une fresque grotesque d’une ambition visuelle rare, qui tient sa métaphore politique sur trois générations sans jamais faiblir. L’un des sommets de l’horreur corporelle est-européenne.
  • Glauque 4,75. Baraquement militaire, gymnase de compétition, atelier de taxidermie. Chaque décor incarne une époque hongroise et une forme différente d’enfermement du corps.
  • Violent 4,00. Rarement frontale au sens du slasher, mais la dégradation physique constante des personnages la rend omniprésente.
  • Dérangeant 4,50. Fluides corporels, obésité extrême, auto-empaillement final. Le film accumule les images difficiles sans jamais chercher le simple choc gratuit.
  • Gore 4,25. Effets pratiques d’une précision tactile, notamment lors de la séquence finale de taxidermie humaine.
  • Nudité 4,50. Fréquente, jamais désirable, entièrement liée à l’obsession corporelle de chaque génération.

Vidéos

Taxidermia - Trailer HD International

Le film

  • Titre originalTaxidermia
  • Titres alternatifsTaxidermie (France)
  • Année2006 Années 2000. Présenté à la Semaine hongroise du film le 3 février 2006, puis à Cannes en section Un Certain Regard le 19 mai 2006. Sortie nationale en France le 23 août 2006
  • DuréeEnviron 92 min selon les copies
  • PaysHongrie Autriche France
  • LangueHongrois
  • RéalisateurGyörgy Pálfi, à son second long métrage après Hukkle, primé au Festival du film européen en 2002
  • ScénarioGyörgy Pálfi et Zsófia Ruttkay, d’après deux nouvelles de l’écrivain hongrois Lajos Parti Nagy, Hullámzó Balaton et Fagyott kutya lába
  • ActeursCsaba Czene (le père, Kálmán), Gergely Trócsányi (le fils, Lajos), Piroska Molnár, Adél Stanczel, avec Marc Bischoff (le grand-père) et une apparition de l’écrivain Lajos Parti Nagy lui-même
  • TechniqueImage de Gergely Pohárnok, montage de Réka Lemhényi, musique du compositeur électronique Amon Tobin
  • StudioEurofilm Stúdió Amour Fou Filmproduktion La Cinéfacture, distribué en France par Memento Films
  • BudgetEnviron 500 millions de forints, soit 2,4 millions de dollars
  • RécompensesGrand Prix, meilleur second rôle masculin pour Csaba Czene, meilleur second rôle féminin pour Adél Stanczel et prix Gene Moskowitz à la Semaine hongroise du film 2006. Sélection officielle de la Hongrie pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère
  • FormatHorreur corporelle Film à sketches
  • SagaAucune. Pálfi avait affirmé que ce film était peut-être plus radical que Hukkle, sans intention ni impression d’y transgresser des tabous pour eux-mêmes
  • Sous-genresHorreur corporelle Satire politique Art & essai dérangeant
  • ClassificationEn France, interdiction aux mineurs de moins de 16 ans lors de sa sortie nationale, sans polémique de classification. Le film a connu une exploitation confidentielle presque partout ailleurs, y compris aux États-Unis où sa sortie limitée en 2009 sur seulement deux salles n’a rapporté qu’un peu plus de 11 000 dollars.
  • DisponibilitéÉditions DVD et Blu-ray françaises disponibles. Nobuo ne référence aucun lien de visionnage.

Contenu extrêmeObésité extrême filmée en gros plan, fluides corporels, séquence finale d’auto-empaillement humain. Tout est simulé par des effets pratiques et numériques.

Trois générations d’une même famille hongroise, chacune prisonnière de son propre corps : un grand-père rongé par la frustration sexuelle sous l’uniforme, un père devenu athlète de gavage compétitif sous le communisme, un fils taxidermiste qui rêve de s’empailler lui-même pour accéder à une forme d’éternité. György Pálfi raconte l’histoire de son pays sans un seul discours, uniquement par la faim, la graisse et la chair morte.

Contexte et genèse du projet

Second long métrage de György Pálfi après Hukkle, primé au Festival du film européen 2002, Taxidermie naît de la réécriture par le réalisateur et Zsófia Ruttkay de deux nouvelles distinctes de l’écrivain Lajos Parti Nagy, Hullámzó Balaton et Fagyott kutya lába, fusionnées pour former l’histoire d’une même lignée. Pálfi a toujours affirmé n’avoir eu ni l’intention ni l’impression de transgresser des tabous pour eux-mêmes, tout en reconnaissant que le résultat était peut-être plus radical que son premier film. Coproduit par la Hongrie, l’Autriche et la France, le film est présenté à la Semaine hongroise du film en février 2006 avant sa sélection à Cannes, en section Un Certain Regard, quelques mois plus tard.

Mise en scène et esthétique

Pálfi filme chaque génération dans un régime esthétique différent, mouvements de caméra fluides et complexes qui traversent les décennies sans coupe apparente, pour lier symboliquement les trois destins. La dégradation des corps, obésité extrême, chairs ouvertes, fluides multiples, est rendue par des effets pratiques d’une précision presque tactile, renforcés par la partition électronique du musicien Amon Tobin, choix inattendu qui accentue le décalage entre la crudité des images et la froideur du son. Le film ne cherche jamais l’humour de dérision pure : chaque excès visuel reste au service d’une trajectoire historique précise, du fascisme à la société de consommation post-communiste.

Censure et réception

En France, le film sort le 23 août 2006 avec une interdiction aux mineurs de moins de 16 ans, sans polémique de classification particulière, après une présentation remarquée au festival de La Rochelle en juillet. Sa réception critique reste profondément clivée, entre ceux qui y voient un chef-d’œuvre et ceux pour qui il demeure difficilement supportable, mais sans qu’aucune procédure de censure institutionnelle ne vienne s’y ajouter. Sa diffusion commerciale est restée confidentielle sur la plupart des marchés, notamment aux États-Unis où sa sortie limitée en 2009, sur seulement deux salles, n’a rapporté qu’un peu plus de 11 000 dollars. Le film a néanmoins représenté officiellement la Hongrie dans la course à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère, signe d’une reconnaissance institutionnelle qui contraste avec son statut d’objet culte réservé aux festivals.

Thématiques et lecture sociologique

Chaque génération incarne une période et un rapport différent au corps hongrois du vingtième siècle : le grand-père, soumis à la hiérarchie militaire et à ses propres fantasmes, symbolise l’humiliation de la guerre ; le père, transformé en machine à ingérer pour la gloire nationale, incarne l’absurdité d’un système communiste qui masque la misère spirituelle sous la performance physique ; le fils, enfin, taxidermiste dans une Hongrie devenue capitaliste, ne trouve d’issue que dans la conservation de son propre corps comme objet, dernière forme de maîtrise sur une existence qu’il ne peut plus habiter autrement. Le film ne prononce jamais ces analyses à voix haute : il les fait entièrement porter par la texture organique de ses images.

Héritage et influence

Le film est aujourd’hui considéré comme l’un des sommets de l’horreur corporelle européenne et l’un des jalons du renouveau du cinéma hongrois des années 2000, régulièrement cité aux côtés des grandes heures du body horror international. Sa réputation reste construite sur le bouche-à-oreille et le circuit des festivals plutôt que sur une exploitation commerciale large, à l’image de son parcours américain resté anecdotique en termes de recette. György Pálfi poursuivra une carrière de cinéaste exigeant, sans jamais retrouver l’écho critique et la radicalité formelle de ce second film.

Verdict

  • À voir siVous cherchez une fresque politique et corporelle d’une ambition visuelle rare, qui raconte l’histoire d’un pays sans jamais l’expliquer par des mots.
  • À éviter siL’accumulation de fluides corporels et d’obésité extrême filmés en gros plan vous est difficile. Le film n’en fait l’économie à aucun moment.

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Questions fréquentes

Le film est-il tiré d'un roman ?

Non, de deux nouvelles distinctes de l’écrivain hongrois Lajos Parti Nagy, Hullámzó Balaton et Fagyott kutya lába, que Pálfi et sa coscénariste Zsófia Ruttkay ont fusionnées pour raconter l’histoire d’une seule lignée sur trois générations.

Le film a-t-il été censuré en France ?

Non. Il est sorti le 23 août 2006 avec une simple interdiction aux moins de 16 ans, sans polémique de classification. Sa diffusion confidentielle tient à son exigence formelle et à la difficulté de le vendre commercialement, pas à une censure.

Le film a-t-il été reconnu officiellement malgré son sujet ?

Oui. Il a représenté la Hongrie dans la course à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère et a remporté plusieurs prix à la Semaine hongroise du film 2006, dont le Grand Prix.

Qui a composé la musique ?

Le musicien électronique Amon Tobin, un choix inattendu pour un film hongrois de ce type, dont la partition froide contraste délibérément avec la crudité organique des images.

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