Nekromantik
1987 Allemagne Jörg Buttgereit Underground Horreur macabre Extrême
1987 Allemagne Jörg Buttgereit Underground Horreur macabre Extrême
3,00/ 5Note globale
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Contenu extrêmeCe film a pour sujet principal la nécrophilie. Il contient des scènes explicites de relations sexuelles avec des (faux) cadavres, d’exhibition de restes humains en décomposition, d’automutilation sanglante et de meurtres d’animaux (mis en scène de manière trompeuse mais réaliste). Une œuvre réservée à un public averti, préparé au cinéma transgressif.
Rob travaille dans une agence spécialisée dans le nettoyage de scènes de crime. Il profite de son emploi pour ramener secrètement des restes organiques à son appartement, nourrissant ainsi la passion nécrophile qu’il partage avec sa petite amie Betty. Jusqu’au jour où il parvient à subtiliser un cadavre entier.
Tourné avec un budget quasi inexistant dans le Berlin-Ouest des années 1980, ce film est l’œuvre d’un jeune cinéaste punk, Jörg Buttgereit. L’Allemagne est alors divisée, marquée par une ambiance urbaine froide et dépressive. Le réalisateur a voulu créer un film qui prendrait le contre-pied absolu du cinéma commercial hollywoodien, en s’attaquant au tabou ultime : la nécrophilie. Sans véritables acteurs professionnels, financé de manière indépendante, le film est devenu un manifeste de la contre-culture underground européenne.
Filmé en format Super 8mm, l’œuvre possède une texture granuleuse, sale et profondément intime. Le protagoniste, Rob, travaille dans une agence de nettoyage de scènes de crime, ce qui lui permet de ramener des restes humains chez lui pour pimenter sa vie de couple. La mise en scène oscille paradoxalement entre l’horreur viscérale et une forme de poésie macabre. La bande originale au piano et synthétiseur offre un contraste mélancolique saisissant avec la crudité et la putréfaction des corps exposés à l’écran.
L’œuvre a immédiatement provoqué l’ire des autorités allemandes. Le film a été saisi par la police et banni d’exploitation dans de nombreux pays. Les censeurs ne savaient pas comment classer cet ovni qui traitait de la profanation de cadavres avec une candeur déroutante. Aujourd’hui encore, sa distribution reste confidentielle ou strictement encadrée par des classifications aux adultes, bien qu’il ait acquis un immense statut culte dans les festivals spécialisés.
Sous la provocation évidente, Nekromantik se lit comme une allégorie de la solitude extrême et de l’incapacité à communiquer dans le monde moderne. Les cadavres deviennent les seuls partenaires qui ne jugent pas, qui n’abandonnent pas, illustrant la détresse émotionnelle d’une génération perdue. Buttgereit critique également la société de consommation : tout comme on jette les objets usagés, la société se débarrasse de ses morts sans aucune forme de spiritualité.
Le film a prouvé qu’il était possible de réaliser une œuvre au retentissement mondial avec une simple caméra amateur. Il a ouvert la voie à tout un pan du cinéma d’horreur allemand transgressif et indépendant, et son esthétique a influencé de nombreux musiciens de la scène metal et industrielle.
Absolument pas. Tout a été réalisé avec les moyens du bord : le cadavre principal a été construit autour d’un squelette en plastique médical d’école, recouvert de préservatifs remplis de faux sang, de fausse peau et de viande de porc de boucherie. Le meurtre d’un chat (très controversé) est également un montage truqué avec un faux animal recouvert de tripes de lapin récupérées chez le boucher.
Composée par Hermann Kopp, John Boy Walton et Daktari Lorenz (qui joue aussi Rob), la bande originale mise sur un synthétiseur très mélancolique et des mélodies douces au piano. Ce contraste absolu entre l’image répugnante et la musique romantique crée une identité forte, très prisée aujourd’hui dans la musique industrielle et électronique.
La police berlinoise a effectué des descentes lors de projections et le film a été officiellement classé comme objet de « glorification de la violence ». Les maîtres de l’image (pellicules) durent même être cachés pour éviter d’être saisis et détruits par la censure ouest-allemande.
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