4,25/ 5Note globale

  • Valeur cinématographique4,25
  • Glauque4,75
  • Violent4,75
  • Dérangeant4,75
  • Gore4,75
  • Nudité2,00

La note globale juge la valeur cinématographique de l'oeuvre. Les autres notes mesurent l'intensité, pas la qualité.

Nos notes

  • Globale 4,25. Un huis clos d’une efficacité redoutable, porté par deux actrices au sommet. L’écriture autour des personnages secondaires est le seul maillon faible d’un film par ailleurs d’une maîtrise rare pour un coup d’essai.
  • Glauque 4,75. Pavillon de banlieue, cuisine, salle de bains. Le film transforme une maison ordinaire en un piège dont chaque pièce devient une nouvelle scène de boucherie.
  • Violent 4,75. Continue et rapprochée, une fois l’intrusion commencée. Aucune pièce de la maison n’est épargnée.
  • Dérangeant 4,75. S’en prendre à une femme enceinte reste l’un des tabous les plus solides du cinéma de genre. Le film le démonte entièrement, sans une once d’ironie.
  • Gore 4,75. Effets pratiques d’un réalisme redouté, au service d’une surenchère assumée jusqu’au bout.
  • Nudité 2,00. Marginale. Ce n’est pas le terrain du film.

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Le film

  • Titre originalÀ l’intérieur
  • Titres alternatifsInside (international)
  • Année2007 Années 2000. Tourné en 2006, présenté en Semaine de la critique, sorti en salle le 13 juin 2007
  • Durée82 min
  • PaysFrance
  • LangueFrançais
  • RéalisateursJulien Maury et Alexandre Bustillo, premier long métrage du duo
  • ScénarioAlexandre Bustillo, journaliste pour Mad Movies et projectionniste de métier avant ce film
  • ActeursAlysson Paradis (Sarah Scarangelo), Béatrice Dalle (La Femme), Nathalie Roussel (Louise, la mère de Sarah), François-Régis Marchasson (Jean-Pierre), avec de brèves apparitions de Tahar Rahim et Nicolas Duvauchelle en policiers, avant leurs rôles marquants respectifs dans Un prophète et Braquo
  • TechniqueImage de Laurent Barès, musique de François-Eudes Chanfrault, montage de Baxter, effets spéciaux supervisés par Jacques-Olivier Molon
  • StudioLa Fabrique de Films BR Films
  • BudgetEnviron 2,5 millions de dollars, pour une recette en salle très faible, le film n’ayant trouvé son public que par la suite, en vidéo et à l’international
  • RécompensesPrix d’interprétation du jury Carnet Jove au Festival de Sitges 2007, pour Alysson Paradis et Béatrice Dalle
  • FormatHome invasion Nouvelle extrémité française
  • SagaAucune suite directe. Un remake en coproduction internationale est sorti en 2016 sous le titre Inside
  • Sous-genresHome invasion Nouvelle extrémité française Gore Slasher
  • ClassificationEn France, interdiction aux mineurs de moins de 16 ans avec avertissement, la même mention que Martyrs l’année suivante. Sorti dans seulement 110 salles françaises, le même jour que Shrek le troisième, ce qui a fortement limité son exposition initiale malgré un accueil critique favorable. Sa réputation internationale s’est construite après coup, notamment grâce à une reprise américaine par Dimension Extreme.
  • DisponibilitéÉditions Blu-ray françaises et anglaises restaurées. Nobuo ne référence aucun lien de visionnage.

Contenu extrêmeLe film met en scène l’agression prolongée d’une femme enceinte au terme de sa grossesse, avec des images de fausse couche évoquées. Tout est simulé, mais le film ne détourne jamais le regard.

Sarah doit accoucher le lendemain matin. Elle passe donc son réveillon de Noël seule, dans son pavillon, pendant qu’au-dehors les émeutes de banlieue continuent de gronder. Une femme vêtue de noir frappe à sa porte, une paire de ciseaux à la main, et ne repartira pas avant d’avoir obtenu ce qu’elle est venue chercher. Premier film d’un duo de cinéphiles purs et durs, tourné pour presque rien et devenu culte après coup.

Contexte et genèse du projet

Alexandre Bustillo, journaliste pour le magazine Mad Movies et projectionniste de métier, et Julien Maury, passé par la réalisation de making-of pour la télévision et de courts métrages, se rencontrent par des amis communs cinéphiles. Bustillo écrit le scénario tout en développant un autre projet, un thriller se déroulant dans un parking ; les deux réalisateurs choisissent finalement de porter ensemble à l’écran cette histoire de femme enceinte assiégée chez elle la nuit de Noël. Le tournage a lieu en 2006 dans les Yvelines, et le film est présenté en Semaine de la critique avant sa sortie en salle. Les auteurs situent leur histoire quatre mois après un accident de la route qui a tué le mari de Sarah, et choisissent d’inscrire le tout sur fond d’émeutes urbaines, un choix de mise en scène qui n’est pas sans poser un problème de cohérence temporelle : les véritables émeutes de l’automne 2005, dont le film s’inspire directement, s’étaient éteintes bien avant la mi-décembre, une liberté que les auteurs ont assumée pour faire coïncider le chaos extérieur avec la date de naissance symbolique de l’enfant.

Mise en scène et esthétique

Le film est un modèle de gestion de l’espace clos : une poignée de pièces suffisent à Maury et Bustillo pour construire une heure vingt d’oppression continue, chaque recoin du pavillon devenant tour à tour un refuge puis un piège. La lumière nocturne, la photographie de Laurent Barès et des effets pratiques d’un réalisme redouté transforment progressivement les murs blancs en surface maculée. La confrontation entre Sarah et la Femme, jouée par une Béatrice Dalle habitée, ne connaît aucun répit une fois lancée, et le film assume une surenchère de violence que très peu de productions françaises avaient osée jusque-là. Les personnages secondaires, policiers et proches venus au secours de Sarah, souffrent en revanche d’une écriture plus sommaire, uniquement destinée à alimenter le compteur de victimes.

Censure et réception

En France, le film obtient une interdiction aux mineurs de moins de 16 ans avec avertissement, la même mention que recevra Martyrs l’année suivante, mais sans provoquer de bataille de classification comparable. Sa vraie difficulté a été commerciale : sorti sur seulement 110 écrans le 13 juin 2007, il doit affronter la sortie du même jour de Shrek le troisième, ce qui limite considérablement sa visibilité malgré des critiques globalement enthousiastes. Sa carrière internationale change la donne : repris aux États-Unis par le label Dimension Extreme, salué en festival, le film devient une référence citée aux côtés de Haute Tension, de Frontière(s) et du Martyrs à venir comme fer de lance de ce que la presse anglophone baptise le New French Extremity. Le réalisateur d’horreur Clive Barker choisit à cette occasion Bustillo et Maury pour réaliser un remake de son propre Hellraiser, projet finalement resté sans suite sous leur direction.

Thématiques et lecture sociologique

Le film désacralise deux refuges à la fois : le foyer familial et le corps de la mère porteuse de vie. La maison de Sarah, censée la protéger du chaos extérieur, devient le lieu même de sa mise à mort annoncée, et son ventre, symbole absolu de la vie à venir, devient l’enjeu d’une lutte à mort. La Femme n’est pas une figure du mal sans raison : le film révèle progressivement qu’elle est liée à l’accident qui a coûté la vie au mari de Sarah, et qu’elle a elle-même perdu un enfant dans ce même choc, faisant de sa traque une tentative désespérée et monstrueuse de remplacement. Le film met ainsi en miroir deux deuils irréconciliables, dont un seul peut survivre à l’autre.

Héritage et influence

Longtemps snobé par sa sortie française confidentielle, le film est aujourd’hui unanimement cité comme l’un des sommets du renouveau horrifique français des années 2000, aux côtés de Martyrs et de Frontière(s). Il a lancé la carrière de Julien Maury et Alexandre Bustillo, qui enchaîneront notamment sur Livide, une incursion malheureuse dans le remake américain avec Leatherface, puis un retour réussi avec Kandisha et The Deep House. Un remake international, également titré Inside, est sorti en 2016 sans retrouver l’impact du film d’origine. Le tournage de Tahar Rahim et de Nicolas Duvauchelle en simples figurants policiers, quelques années avant qu’ils ne deviennent des noms du cinéma et de la télévision français, reste une curiosité que les cinéphiles se plaisent à repérer.

Verdict

  • À voir siVous cherchez l’un des meilleurs huis clos horrifiques du cinéma français, porté par deux actrices à leur sommet.
  • À éviter siLa mise en danger d’une grossesse vous est un sujet difficile. Le film ne l’aborde jamais par la suggestion.

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Questions fréquentes

Le contexte d'émeutes est-il cohérent avec les vraies émeutes de 2005 ?

Pas tout à fait, et c’est un choix assumé des réalisateurs. Les émeutes urbaines réelles de l’automne 2005, dont le film s’inspire, s’étaient éteintes avant la mi-décembre. Bustillo et Maury ont pris cette liberté temporelle pour faire coïncider le chaos extérieur avec le réveillon de Noël et la naissance à venir de l’enfant.

Pourquoi le film a-t-il eu si peu de succès en salle en France ?

Il est sorti sur seulement 110 écrans le 13 juin 2007, le même jour que Shrek le troisième, ce qui a considérablement limité sa visibilité. Son public s’est constitué après coup, en vidéo et à l’international, où il est devenu culte bien plus rapidement qu’en France.

Quel est le lien avec Clive Barker ?

Impressionné par le film, l’auteur et réalisateur britannique a choisi Julien Maury et Alexandre Bustillo pour réaliser un remake de son propre Hellraiser. Le projet a finalement été abandonné sous leur direction et n’a jamais vu le jour sous cette forme.

Qui sont les policiers dans le film ?

Deux comédiens y tiennent de petits rôles avant leur reconnaissance : Tahar Rahim, avant son rôle marquant dans Un prophète en 2009, et Nicolas Duvauchelle, plus tard révélé par la série Braquo, qui avait déjà tourné aux côtés de Béatrice Dalle dans Trouble Every Day.

Pourquoi la Femme s'en prend-elle à Sarah ?

Le film révèle progressivement qu’elle était impliquée dans l’accident de voiture qui a tué le mari de Sarah, et qu’elle y a elle-même perdu son propre enfant à naître. Sa traque est une tentative désespérée de remplacer cette perte par celui de Sarah.

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