4,50/ 5Note globale

  • Valeur cinématographique4,50
  • Glauque4,50
  • Violent4,25
  • Dérangeant4,75
  • Gore3,50
  • Nudité3,00

La note globale juge la valeur cinématographique de l'oeuvre. Les autres notes mesurent l'intensité, pas la qualité.

Nos notes

  • Globale 4,50. Un exploit de mise en scène qui transforme la descente sous acide en pure expérience physique. Noé n’a jamais paru aussi maître de ses moyens.
  • Glauque 4,50. Internat désaffecté, néons rouges, tempête de neige au-dehors. Le décor referme le piège avant même que la drogue n’agisse.
  • Violent 4,25. Explosive une fois l’hystérie collective enclenchée, portée par des corps qui ne contrôlent plus rien.
  • Dérangeant 4,75. L’effondrement simultané de tous les tabous sociaux, filmé sans aucun répit ni musique d’accompagnement rassurante.
  • Gore 3,50. Ponctuel mais frontal, jamais recherché pour lui-même.
  • Nudité 3,00. Présente, liée à la perte de contrôle des corps plutôt qu’au désir.

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Le film

  • Titre originalClimax
  • Titres alternatifsClimax, titre identique en France
  • Année2018 Années 2010. Présenté à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes le 13 mai 2018, sortie française le 19 septembre 2018. L’intrigue se situe précisément durant l’hiver 1996
  • Durée96 min
  • PaysFrance Belgique
  • LangueFrançais Anglais
  • RéalisateurGaspar Noé, cinéaste argentin né à Buenos Aires en 1963, fils du peintre et intellectuel Luis Felipe Noé, installé en France depuis l’enfance
  • ScénarioGaspar Noé, tourné sans dialogues préétablis, les interprètes improvisant à partir d’une trame générale
  • ActeursSofia Boutella (Selva), Romain Guillermic, Souheila Yacoub, Kiddy Smile, la plupart des vingt-quatre interprètes étant des danseurs non professionnels repérés dans des battles de krump et des balls de voguing de la région parisienne plutôt que des comédiens
  • TechniqueImage de Benoît Debie, déjà chef opérateur de Calvaire, montage de Denis Bedlow et Gaspar Noé, musique de Thomas Bangalter, du duo Daft Punk. Montage final bouclé quarante-huit heures avant la projection cannoise
  • StudioRectangle Productions Wild Bunch Eskwad Arte France Cinéma Artémis Productions, distribué en France par Wild Bunch Distribution
  • BudgetEnviron 2,9 millions de dollars, pour 1,7 million de dollars de recettes internationales
  • RécompensesPrix de la C.I.C.A.E. (Art Cinema Award) à la Quinzaine des réalisateurs, Cannes 2018
  • FormatHorreur expérimentale Danse
  • SagaAucune. Sixième long métrage de Gaspar Noé, après Seul contre tous, Irréversible, Enter the Void et Love
  • Sous-genresHorreur expérimentale Danse Drame psychologique
  • ClassificationEn France, visa CNC n° 148.621, portant interdiction aux mineurs de moins de 16 ans, sans avertissement ni contestation judiciaire, à la différence de Love (2015), dont l’interdiction avait été portée aux moins de 18 ans par un tribunal administratif après un recours associatif. Noé lui-même a relevé que la presse avait été globalement moins hostile à ce film qu’à ses deux précédents.
  • DisponibilitéÉditions DVD et Blu-ray françaises. Nobuo ne référence aucun lien de visionnage.

Contenu extrêmeLe film contient des scènes de violence physique et sexuelle sous l’effet d’une intoxication collective, ainsi que l’évocation de racisme, d’inceste et d’homophobie exprimés par des personnages sous emprise. Tout est simulé.

Hiver 1996. Une troupe de danseurs achève une dernière répétition dans un internat désaffecté avant de fêter l’événement autour d’une vasque de sangria. Quelqu’un y a versé du LSD. Gaspar Noé filme la bascule d’une utopie collective vers le chaos le plus total, dans un dispositif tourné sans dialogues écrits, avec des danseurs trouvés dans les balls de voguing parisiens plutôt que dans des castings classiques.

Contexte et genèse du projet

L’idée du film naît d’une invitation faite à Noé par Léa Vlamos, membre de la maison de voguing Iconic House of Ninja et future interprète du film, à assister à un ball parisien. Impressionné par l’énergie de la scène, Noé et le directeur de casting Serge Catoire recrutent l’essentiel de la distribution en écumant les battles de krump et les balls de voguing de la région parisienne plutôt qu’en auditionnant des comédiens, proposant à chacun un film qui avait déjà une histoire mais aucun dialogue préétabli. Le DJ et musicien Kiddy Smile, rencontré lors de cette première visite, sert ensuite de relais pour convaincre d’autres danseurs de rejoindre le projet, financé en partie par Arte France Cinéma. Le montage n’est achevé que quarante-huit heures avant la première projection cannoise.

Mise en scène et esthétique

Noé construit son film en plans-séquences hypnotiques qui suivent les corps à travers les couloirs de l’internat, la caméra se déréglant et finissant par filmer littéralement à l’envers à mesure que l’intoxication collective progresse. Le générique final ouvre le film, dans la continuité du dispositif inversé déjà expérimenté sur Irréversible. Une bibliothèque de cassettes vidéo aperçue dans le décor rend hommage à plusieurs références revendiquées par le réalisateur, dont Un chien andalou, Salò et Angst, sorti en France sous le titre Schizophrenia.

Censure et réception

En France, le film obtient une interdiction aux mineurs de moins de 16 ans, sans avertissement ni contestation judiciaire ultérieure, contrairement à Love, dont la classification avait été portée aux moins de 18 ans par un tribunal administratif après un recours de l’association Promouvoir. Noé lui-même a relevé, non sans une pointe d’ironie, que la presse s’était montrée globalement moins hostile envers ce film qu’envers ses deux précédents, largement salué par la critique internationale comme l’une de ses réalisations les plus abouties malgré des réactions de rejet chez une partie du public en salle.

Thématiques et lecture sociologique

La troupe de danseurs, mixte et unie par la seule discipline artistique, fonctionne comme une utopie sociale miniature que l’intoxication collective détruit méthodiquement de l’intérieur, faisant resurgir racisme, homophobie et violence à mesure que le contrôle rationnel s’efface. Le film ne prétend jamais expliquer scientifiquement cette dissolution : il la fait ressentir physiquement au spectateur par la seule mise en scène, prolongeant une réflexion sur la fragilité du vernis social déjà présente dans une bonne partie de la filmographie de Noé.

Héritage et influence

Le film confirme la place de Gaspar Noé comme cinéaste de l’expérience sensorielle pure, capable de transformer une prémisse de survival horror en démonstration chorégraphique. Il a également offert une visibilité inédite à la scène du voguing et du krump parisien, dont plusieurs interprètes ont depuis poursuivi une carrière artistique après cette première expérience cinématographique. Le film reste couramment cité comme la synthèse la plus maîtrisée du geste formel de Noé, entre virtuosité technique et volonté assumée de provocation.

Verdict

  • À voir siVous cherchez une expérience purement sensorielle sur la perte de contrôle, portée par une mise en scène d’une virtuosité rare.
  • À éviter siUne agression sensorielle prolongée, caméra à l’envers comprise, vous est physiquement difficile à supporter.

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Questions fréquentes

Gaspar Noé est-il français ?

Non, il est argentin, né à Buenos Aires en 1963, fils du peintre Luis Felipe Noé. Il vit et travaille en France depuis l’enfance, ce qui en fait un cinéaste franco-argentin plutôt que strictement français.

Les danseurs du film sont-ils des acteurs professionnels ?

Non, pour la plupart. Gaspar Noé et son directeur de casting les ont recrutés dans des battles de krump et des balls de voguing de la région parisienne, en leur proposant un film sans dialogue préétabli plutôt qu’un rôle classique.

L'histoire est-elle vraiment tirée d'un fait réel ?

Le film se présente comme inspiré d’une histoire vraie, mention reprise dans son générique et sa communication, mais aucune source indépendante ne permet de confirmer précisément l’événement à l’origine du récit.

Qui a composé la musique du film ?

Thomas Bangalter, du duo Daft Punk, signe la musique originale de Climax.

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