Faces of Death
1978 États-Unis John Alan Schwartz Mondo Faux documentaire Extrême
1978 États-Unis John Alan Schwartz Mondo Faux documentaire Extrême
2,75/ 5Note globale
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Contenu extrêmeCe film mélange des images d’archives authentiques (accidents, autopsies, guerre, cruauté animale) et des séquences de meurtre truquées présentées comme réelles. La souffrance animale n’est pas simulée dans toutes les séquences, et certaines victimes réelles y sont exposées sans aucun consentement. Cette fiche existe pour le documenter, pas pour le recommander.
Un faux pathologiste au nom de gag présente 105 minutes de mort en promettant au spectateur qu’il ne verra rien de truqué. Près de la moitié l’est. Le reste est authentique, et c’est précisément ce mélange qui a fait de cette cassette l’objet de contrebande le plus rentable de l’histoire de la vidéo.
Fin des années 70, John Alan Schwartz travaille dans la production télé et le documentaire animalier quand des investisseurs japonais lui commandent une version américaine du mondo italien, ce genre lancé par Mondo Cane en 1962, entièrement centrée cette fois sur la mort. Il écrit et réalise le film sous deux pseudonymes distincts, Alan Black au scénario et Conan Le Cilaire à la réalisation, ce second nom étant construit pour sonner comme le mot killer prononcé avec un accent français. La matière première vient des chutes de rédactions de télévisions locales, ces images trop crues pour passer au journal, que Schwartz rachète au poids. L’ensemble est présenté par un faux pathologiste, le Dr Francis B. Gröss, joué par un acteur inconnu, Michael Carr.
L’esthétique est celle du documentaire institutionnel déviant : voix off doctorale, musique de circonstance, montage thématique par mode de décès. La supercherie tient au dosage. Des images d’archives incontestables (accidents de la route, crash aérien, autopsies, guerre) voisinent avec des séquences entièrement écrites et maquillées par des professionnels, dont la fameuse scène du restaurant à cervelle de singe et celle de la secte cannibale de San Francisco, où Schwartz apparaît lui-même en gourou. Le maquilleur Allan A. Apone a estimé qu’environ 40 % du film relève de la pure fiction. Le montage est conçu pour que le spectateur perde toute capacité de tri, et la narration pseudo philosophique sur la finalité de l’existence sert de vernis moral à l’ensemble.
Le film a bâti sa légende sur sa propre interdiction. L’affiche annonce « banni dans plus de 40 pays », chiffre porté à 46 selon les éditions, et fabriqué de toutes pièces par le service marketing. Les interdictions réelles concernent cinq pays : Australie, Norvège, Finlande, Nouvelle-Zélande et Royaume-Uni, où le titre rejoint la liste des video nasties et sert d’argument au durcissement législatif du Video Recordings Act. La rentabilité, elle, n’a rien de légendaire : environ 67 000 dollars de budget pour des dizaines de millions encaissés, essentiellement en location de cassettes. Diffusé sous le manteau dans les cours de récréation des années 80, il devient le premier objet de fascination collective d’une génération, une sorte de vidéo virale avant l’existence d’internet.
Le film capitalise sur le voyeurisme du spectateur et sur sa fascination inavouable pour la mort, celle qui fait ralentir les automobilistes au bord d’un accident. En dissimulant de la fiction au milieu de drames humains réels, il pose une question qu’il n’a lui-même pas les moyens de traiter : qu’est-ce qui nous autorise à croire une image ? L’enjeu éthique est double, puisque le procédé exploite aussi la mort réelle de personnes dont les familles n’ont jamais consenti à cette exposition. Quarante ans plus tard, la question est devenue le quotidien de n’importe quel fil d’actualité.
Faces of Death est la matrice de toutes les compilations gores qui ont inondé le marché vidéo dans les décennies suivantes, de Traces of Death aux sites d’images choc des années 2000. La saga a engendré cinq suites de qualité décroissante, dont deux ne sont que des remontages, plus un documentaire de démystification, Faces of Death: Fact or Fiction?, en 1999. Schwartz est mort en août 2019, après avoir fini par revendiquer publiquement la paternité du film. En avril 2026, Daniel Goldhaber en a signé une relecture, avec Barbie Ferreira en modératrice de contenus confrontée à des vidéos qui rejouent les scènes de l’original : la boucle est bouclée, le mondo est devenu un slasher sur la modération.
En partie seulement. Le film mélange de véritables archives (accidents, autopsies, guerre) et des séquences entièrement truquées. Le maquilleur Allan A. Apone a évalué la part de fiction à environ 40 %. Les scènes les plus célèbres, dont celle du singe et celle de la secte cannibale, sont fabriquées.
Non. Le chiffre est un argument publicitaire. Les interdictions documentées concernent l’Australie, la Norvège, la Finlande, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni, où le film figure sur la liste des video nasties.
Un personnage de fiction, joué par un acteur inconnu nommé Michael Carr. Il n’est pas pathologiste et son nom est un jeu de mots. Le seul vrai médecin légiste visible dans le film est Thomas Noguchi, alors coroner de Los Angeles.
John Alan Schwartz, sous le pseudonyme Conan Le Cilaire à la réalisation et Alan Black au scénario. Il n’a revendiqué publiquement la paternité de la saga que des décennies plus tard. Il est mort en août 2019.
Non. Le film sorti en avril 2026, réalisé par Daniel Goldhaber, est une relecture de fiction et non un remontage : une modératrice de contenus y découvre des vidéos qui reproduisent les scènes de l’original. C’est un slasher, pas un mondo.
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