3,75/ 5Note globale

  • Valeur cinématographique3,75
  • Glauque4,25
  • Violent4,75
  • Dérangeant4,25
  • Gore4,75
  • Nudité2,50

La note globale juge la valeur cinématographique de l'oeuvre. Les autres notes mesurent l'intensité, pas la qualité.

Nos notes

  • Globale 3,75. Un exercice de style redoutablement efficace jusqu’à son dernier acte, où un twist ambitieux fragilise a posteriori tout ce qui précède. La mise en scène, elle, reste irréprochable.
  • Glauque 4,25. Ferme isolée, champs de maïs, station-service désertée la nuit. Le film installe une menace rurale palpable dès ses premières minutes.
  • Violent 4,75. Frontale, rapide, sans complaisance esthétisante malgré la qualité technique des effets.
  • Dérangeant 4,25. Moins par son gore que par ce que son retournement final révèle une fois qu’on y repense.
  • Gore 4,75. Signé Giannetto De Rossi, figure du cinéma d’exploitation italien, au sommet de son savoir-faire.
  • Nudité 2,50. Ponctuelle, jamais le centre du dispositif.

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Le film

  • Titre originalHaute Tension
  • Titres alternatifsHigh Tension (États-Unis), Switchblade Romance (Royaume-Uni)
  • Année2003 Années 2000. Sortie française le 18 juin 2003
  • DuréeEnviron 91 min selon les copies
  • PaysFrance
  • LangueFrançais
  • RéalisateurAlexandre Aja, fils du réalisateur Alexandre Arcady et de la critique de cinéma Marie-Jo Jouan. Second long métrage après Furia (1999), premier consacré à l’horreur
  • ScénarioAlexandre Aja et Grégory Levasseur, ami de lycée qui signe aussi la direction artistique
  • ActeursCécile de France (Marie), Maïwenn (Alexia « Alex » Soral), Philippe Nahon (le tueur), Franck Khalfoun (Jimmy, le pompiste), futur réalisateur du remake de Maniac en 2012
  • TechniqueImage de Maxime Alexandre, musique de François-Eudes Chanfrault, maquillages et effets spéciaux de Giannetto De Rossi, artisan du cinéma d’exploitation italien
  • StudioAlexandre Films EuropaCorp, produit par Alexandre Arcady et Robert Benmussa
  • Budget2,5 millions d’euros, financé par Luc Besson via EuropaCorp, alors mobilisée sur le tournage bien plus coûteux du remake de Fanfan la Tulipe
  • TournageRoumanie, à Bucarest et aux studios Mediapro Pictures, en pleine nuit et par grand froid
  • RécompensesGrand Prix du film fantastique européen, meilleur réalisateur, meilleure actrice pour Cécile de France et meilleurs maquillages pour Giannetto De Rossi au festival de Sitges 2003
  • FormatSlasher Nouvelle extrémité française
  • SagaAucune suite. Aja partira ensuite pour Hollywood réaliser le remake de La Colline a des yeux en 2006
  • Sous-genresSlasher Nouvelle extrémité française Gore Thriller
  • ClassificationEn France, interdiction aux mineurs de moins de 16 ans lors de sa sortie, sans polémique de classification particulière. Aux États-Unis, la MPAA lui attribue d’abord un NC-17, contraignant le distributeur à retirer quelques secondes de violence graphique pour obtenir un visa R.
  • DisponibilitéÉditions DVD et Blu-ray françaises et internationales. Nobuo ne référence aucun lien de visionnage.

Contenu extrêmeDécapitation, égorgement, meurtre d’un enfant au fusil de chasse, dans les premières minutes du film. Tout est simulé, mais rien n’en est atténué.

Marie accompagne Alex réviser leurs examens dans la ferme isolée de ses parents. La première nuit, une camionnette s’arrête devant la maison. L’homme qui en descend ne prononce pas un mot avant de décapiter le père d’Alex. Alexandre Aja signe un survival qui revendique l’héritage du slasher américain des années 70 et 80, et referme son film sur un retournement resté l’un des plus discutés du genre.

Contexte et genèse du projet

Alexandre Aja, fils du réalisateur Alexandre Arcady, a grandi sur les tournages de son père, d’abord comme jeune comédien puis comme assistant à la mise en scène. Avec Grégory Levasseur, ami rencontré au lycée, il écrit ce scénario en revendiquant une envie précise : refuser l’ironie qui gouvernait alors une grande partie du cinéma d’horreur pour retourner à un survival pris au premier degré, dans l’esprit d’Evil Dead, de Massacre à la tronçonneuse ou de Halloween. Luc Besson, séduit par le scénario, finance le projet via EuropaCorp pour 2,5 millions d’euros et laisse les deux auteurs largement libres, le studio étant alors occupé par un tournage autrement plus coûteux, celui du remake de Fanfan la Tulipe. Le tournage se déroule en Roumanie, à Bucarest et aux studios Mediapro Pictures, par des températures nocturnes très basses que Cécile de France et Maïwenn affrontent le plus souvent pieds nus et en tenue légère.

Mise en scène et esthétique

Aja construit un ballet de suspense d’une precision chirurgicale, porté par la conception sonore qui amplifie chaque craquement de la maison, et par les effets de Giannetto De Rossi, figure historique du cinéma d’exploitation italien passée par les plateaux de Fulci. Cécile de France a effectué elle-même l’essentiel de ses cascades automobiles, entraînée pendant deux mois par un ancien champion de boxe thaïlandaise. Le film assume une filiation revendiquée avec le cinéma d’horreur américain des origines plutôt qu’avec ses relectures ironiques des années 90, choix qui explique sa réputation de retour aux sources du genre.

Censure et réception

En France, le film obtient une interdiction aux moins de 16 ans sans provoquer de polémique de classification, mais son accueil commercial reste modeste et la critique française est partagée. C’est à l’international, aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Canada, que le film rencontre son plus grand succès, critique autant que commercial, une trajectoire inverse de celle qu’on lui prête souvent. La MPAA lui attribue d’abord un NC-17, ce qui est rare pour un pur film d’horreur, contraignant le distributeur à retirer quelques secondes pour obtenir un visa R. C’est ce succès nord-américain, plus que sa carrière française, qui a ouvert à Alexandre Aja les portes d’Hollywood.

Thématiques et lecture sociologique

Le film ne prend son sens complet qu’à la lumière de sa dernière partie, où l’on découvre que le tueur est une projection de Marie elle-même, dont le désir refoulé pour Alex a fait naître une identité meurtrière séparée. La scène d’ouverture, longtemps prise pour le début chronologique du récit, se révèle être un rêve prémonitoire de Marie, procédé qui a valu au film autant d’admirateurs que de détracteurs pointant des incohérences de mise en scène révélées par ce twist. Le film déplace ainsi la menace de l’extérieur vers l’intérieur d’une conscience qui ne parvient pas à intégrer ses propres pulsions, plutôt que de proposer une simple traque entre une victime et un tueur extérieur à elle.

Héritage et influence

Le film est devenu, aux côtés d’Ils, de Frontière(s) et de Calvaire, l’un des titres qui ont donné au cinéma d’horreur français des années 2000 une reconnaissance internationale inédite, souvent rattaché à l’étiquette de nouvelle extrémité française, terme d’abord forgé par la critique anglophone pour un cinéma d’auteur plus large et plus ancien, de Gaspar Noé à Catherine Breillat, avant d’être étendu au genre horrifique dont ce film est l’un des représentants les plus cités. Il a ouvert à Alexandre Aja une carrière hollywoodienne entamée avec le remake de La Colline a des yeux, et fait de Franck Khalfoun, simple pompiste dans le film, le futur réalisateur du remake de Maniac avec Elijah Wood.

Verdict

  • À voir siVous cherchez un survival mené avec une efficacité redoutable, hommage assumé au slasher américain des origines.
  • À éviter siUn retournement final qui remet en cause la cohérence de tout ce qui précède vous frustre plus qu’il ne vous surprend.

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Questions fréquentes

Était-ce le premier film d'Alexandre Aja ?

Non, c’est son second long métrage, après Furia en 1999, adaptation d’une nouvelle de Julio Cortázar. C’est en revanche son premier film d’horreur, genre qu’il ne quittera plus par la suite.

Le film a-t-il été censuré en France ?

Non, il a obtenu une interdiction aux moins de 16 ans sans polémique particulière. C’est aux États-Unis que la classification a posé problème, avec un NC-17 initial nécessitant des coupes pour obtenir un visa R.

Pourquoi le film a-t-il été tourné en Roumanie ?

Pour des raisons de budget, comme plusieurs productions françaises de genre de la même période, dont Ils. Le tournage s’est déroulé à Bucarest et aux studios Mediapro Pictures, en pleine nuit et par grand froid.

Le film a-t-il mieux marché en France ou à l'étranger ?

À l’étranger, nettement. Son succès commercial et critique en France est resté modeste ; c’est aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Canada qu’il a rencontré son plus grand accueil, ouvrant à Alexandre Aja une carrière hollywoodienne.

Qui est Franck Khalfoun dans ce film ?

Il joue Jimmy, le pompiste de la station-service. Il deviendra plus tard réalisateur à son tour, signant notamment le remake de Maniac avec Elijah Wood en 2012.

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